Colère des étudiants sud-africains: violents heurts à Johannesburg

En Afrique du Sud, les étudiants intensifient leur mouvement de protestation. De violents heurts ont notamment eu lieu à Johannesburg, autour de la prestigieuse université du Wits, devenue l’épicentre de la mobilisation.



Tous les ingrédients d’un cocktail explosif étaient de nouveau réunis sur le campus de l’université du Wits en ce début de semaine. D’un côté, la direction universitaire qui souhaite coûte que coûte assurer les examens de fin d’année. De l’autre, des manifestants bien déterminés à empêcher toute reprise des cours tant que leurs demandes ne seront pas entendues. Entre eux, la police, déployée en nombre, et lourdement équipée, mais aussi des membres du clergé et des enseignants venus dénoncer l’escalade de la violence et le manque de dialogue.
 
Les premiers heurts ont éclaté quelques heures après la reprise des cours. A la pluie de pierres et aux barricades ont répondu gaz lacrymogènes et canon à eau. Une fois le campus évacué par la force, étudiants et policiers se sont affrontés dans les rues du quartier de Braamfontein, au pied des immeubles de bureaux du centre-ville de Johannesburg. La police a dispersé plusieurs fois la foule avec ses véhicules blindés. Un bus a été caillassé et incendié en pleine rue. Une trentaine de personnes ont été interpellées.
 
Malgré cette nouvelle flambée de violence qui ne semble pas prête de s’éteindre dans les prochains jours, l’université du Wits rouvrira de nouveau ses portes ce mardi pour tenter d’assurer « au moins la moitié des cours ».
 
La contestation étudiante dure depuis plus de trois semaines. Les étudiants réclament une éducation supérieure « gratuite et décolonisée » alors que le gouvernement a annoncé une augmentation plafonnée à 8 % des frais de scolarité pour la rentrée de janvier 2017. Plusieurs universités du pays ont rouvert leurs portes ce lundi 10 octobre pour « tenter de sauver l’année scolaire » malgré une situation de plus en plus chaotique sur les campus du pays.
 
Ce lundi, la police est également intervenue contre des étudiants qui perturbaient les cours dans les universités de Stellenbosch (sud-ouest), de Rhodes à Grahamstown (sud), de Bloemfontein (centre) ou du KwaZulu-Natal (est). L'université du Cap est, elle, toujours fermée.
 
Le ministre de l'Education supérieure s'est dit inquiet de la tournure violente des événements. Il a néanmoins apporté son soutien aux universités et à leur décision de poursuivre les cours.


Source: Rfi.fr

RFI

Mardi 11 Octobre 2016 - 07:51



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