Conflit au Soudan du Sud: rencontre des belligérants



Conflit au Soudan du Sud: rencontre des belligérants

 président sud-soudanais Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar, dont les troupes s'affrontent depuis décembre 2013, se sont rencontrés jeudi à Addis Abeba pour tenter de mettre fin à la guerre civile ravageant leur jeune pays, selon des responsables.

Les deux hommes, qui ont signé plusieurs cessez-le-feu jamais respectés, étaient accompagnés des médiateurs de l'Igad, organisation intergouvernementale est-africaine.

Le président Kiir "fait son devoir en essayant de rétablir la paix", a déclaré son porte-parole Ateny Wek Ateny, démentant des rumeurs selon lesquelles le chef de l'Etat avait dû être hospitalisé dans la matinée à Addis Abeba.

La rencontre "est destinée à combler le fossé dans les négociations afin d'arriver à trouver une solution pacifique à la crise politique" au Soudan du Sud, a-t-il poursuivi.

Un responsable de l'Igad a confirmé la rencontre entre MM. Kiir et Machar, précisant qu'ils devaient ensuite rencontrer les dirigeants des pays de l'Igad, à la veille d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA) prévu vendredi et samedi dans la capitale éthiopienne, siège de l'organisation panafricaine.

Mais ce sommet des dirigeants de l'Igad a été reporté à samedi "après des heures d'entretien entre chefs d'Etat et de gouvernement de l'Igad d'un côté, et les deux parties au conflit sud-soudanais de l'autre", a indiqué la présidence du Kenya, pays membre de l'Igad. 

"Aucune raison n'a été donné pour ce report", poursuit la présidence kényane, évoquant néanmoins "des questions non résolues sur divers sujets à l'ordre du jour sud-soudanais".

- "pas en une heure" -

 

Quand l'AFP a demandé à M. Machar, à l'interruption des discussions jeudi, si des progrès avaient été enregistrés, celui-ci a répondu: "pas encore".

Le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères, Barnabal Marial Benjamin, a souligné que la paix ne se faisait pas "en une heure" et que les pourparlers allaient se poursuivre.

Les négociations de paix inter-sud-soudanaises durent depuis un an dans la capitale éthiopienne et n'ont connu pour seules avancées qu'une série de cessez-le-feu, violés quelques heures après leur signature.

MM. Kiir et Machar s'étaient déjà rencontrés mercredi à Addis. Le 22 janvier, ils avaient signé à Arusha (Tanzanie) un accord visant à réconcilier les factions rivales au sein du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), l'ancienne rébellion sudiste qui a combattu le pouvoir de Khartoum de 1983 à 2005 et détenait le pouvoir depuis l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.

La rivalité sourde au sein du SPLM entre MM. Kiir et Machar, issus des deux principaux peuples du pays, a débouché le 15 décembre 2013 à Juba sur des combats entre unités loyales à l'un ou à l'autre au sein de l'armée sud-soudanaise, minée par les divisions politico-ethniques.

Les affrontements, auxquels se sont greffées des milices tribales, se sont propagés à d'autres régions, plongeant le pays dans une guerre civile accompagnée de massacres et atrocités contre les civils sur des bases ethniques, qui a conduit le jeune Soudan du Sud au bord de la famine.

L'accord d'Arusha n'a pas empêché les combats de se poursuivre, alimentant la frustration et l'impatience des diplomates, qui rappellent que, pendant que les délégations discutent depuis un an dans de luxueux hôtels, la population continue de souffrir.

Un éventuel accord de paix ne signifiera toutefois pas la fin des combats, ont estimé des analystes. Les pourparlers sous l'égide de l'Igad se sont "étroitement focalisés sur Kiir et Machar (...) en dépit de la fragmentation et de la multiplication des groupes armés", dont certains échappent au contrôle des deux dirigeants, a estimé jeudi l'International Crisis Group dans un rapport.


Afp

Vendredi 30 Janvier 2015 - 13:17



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