Congo: des tirs entendus à Brazzaville dans les quartiers sud

Dans la capitale du Congo-Brazzaville, des tirs nourris, y compris à l’arme lourde, ont été entendus ce lundi. Conséquences de ces échanges de tirs, les populations ont fui les quartiers sud de la ville pour se réfugier au centre et dans le nord.



Vue de Brazzaville, capitale du Congo. © Wikimedia
Vue de Brazzaville, capitale du Congo. © Wikimedia
Cet après-midi encore deux hélicoptères survolent le sud de la ville de Brazzaville. Des habitants disent entendre encore des tirs de temps en temps. Tout a débuté dans la nuit de dimanche à lundi aux environs des trois heures du matin à Mayanga l'un des quartiers sud de Brazzaville. Pendant environ trois heures, plusieurs habitants disent avoir entendu des tirs nourris à l'arme automatique émaillés de détonations à l'arme lourde. Selon des témoins, les échanges de tirs ont opposé les forces de l'ordre à un groupe de civils en armes, essentiellement des jeunes. On ne sait pas précisément combien ils étaient ni de qui il s’agit. Mais après Mayanga, ils se seraient en tout cas dirigés vers PK à Mfilou.
 
C'est ce que raconte un commerçant joint par RFI. Il était dans les rues vers 4h30 ce matin lorsqu'il a vu arriver les assaillants : « Ils sont venus vers PK où il y avait déjà des militaires et des policiers. Les policiers ont pris la fuite. Les hommes sont entrés tranquillement et ils n’ont pas tiré sur les populations. Ils ont dit qu’ils voulaient se diriger vers la présidence et donc si on avait des parents dans les parages il fallait leur dire de libérer la zone. Leur objectif c’était de prendre la présidence, la télé et l’aéroport selon ce qu’ils nous ont dit. Les militaires leur ont dit d’aller de l’autre côté, ils n’ont pas voulu. Il y a eu des échanges de tirs. A ce moment, nous avons pris la fuite. Ils étaient en tenue de civil, mais avec un équipement militaire, des armes lourdes».

En revenant sur place, cet habitant dit avoir vu les corps de trois victimes, des policiers, mais aucun bilan officiel n'est disponible pour le moment.
 
Des habitants terrés chez eux
Les assaillants étaient donc armés et habillés en civil. Des sources officielles contactées jusque-là n’étaient vraiment pas disponibles pour nous donner leur version des faits. Plusieurs autres témoignages indiquent que le commissariat de police de Makélékélé a été incendié. Un bâtiment de la mairie aurait aussi été touché.

Certains habitants des quartiers sud restent terrés chez eux, tandis que d’autres ont préféré se mettre à l’abri dans les quartiers du centre de Brazzaville. La circulation des minibus en direction des quartiers concernés par les détonations a été interrompue. Le climat qui règne actuellement dans la ville n’est pas vraiment celui des grands jours ouvrables.

Rfi.fr

Lundi 4 Avril 2016 - 13:25



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