Conseil Economique Social et Environnemental : Une stratégie marketing pour une institution publique



Mohamadou SY ‘’Siré’’
Mohamadou SY ‘’Siré’’
On affirme souvent que les institutions ne valent que par la vision, la méthode, l’abnégation et le courage des hommes et des femmes qui les animent. Certes, mais aussi et surtout, les institutions valent également par leurs visions, leurs missions et leurs objectifs dévolus, qu’ils soient opérationnels ou stratégiques.
 
Ainsi donc, si le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) n’aura pour mission que de conseiller le Président de la République, le Gouvernement et l’Assemblée nationale, sur des questions  d’ordre économiques, sociales et environnementales, il risque d’être une institution doublon, une institution de plus. Car,  ce travail peut et est fait par les techniciens, les ingénieurs, les administrateurs civils et la commanderie militaire dans les différents ministères. C’est aussi ce travail de conseil que font également les experts du secteur privé et les spécialistes de la société civile qui pour la plupart travaillent sur des projets transversaux  avec l’Etat et ses démembrements.

 Par contre, si les moyens financiers et les ressources humaines du CESE sont utilisés pour faire au plan national, de la prospective et de la planification et au plan international, faire  rayonner et positionner le Sénégal sur les radars mondiaux, alors, le CESE ne sera pas une institution de plus car s’inscrivant dans un temps politique (le long terme) qui dépasse le temps électoral (le court et moyen terme).
 
Dans cette perspective, le CESE pourrait donc devenir une sorte de ‘’Think Tank institutionnel’’, une sorte de ‘’Ministère de la Prospective, de la Stratégie et de la Planification’’ qui, en se positionnant au dessus du jeu électoral et des phénomènes partisans, va réfléchir et planifier pour le compte de l’Etat et des régimes qui se succèdent à son sommet, sur une stratégie globale et intégrale (au plan national et sur l’international)  ainsi qu’à sa planification, dans une perspective d’homogénéisation (synergie) et de rationalité (efficacité) de la vision d’une stratégie publique qui s’inscrirait  dans la  triptyque Unité d’action, Unité de temps et Unité de lieu.
 
Ce qui permettra de rompre d’avec la campagne électorale permanente et de penser qui fait que nos gouvernants sont dans des contraintes temporelles qui font qu’ils pensent davantage à la prochaine élection qu’à la prochaine génération.

 Ce qui permettra aussi à ceux qui animent ces 3 institutions sus nommées et  à ceux qui leur succéderont, de se consacrer pleinement à leur mission électorale qui, disons-nous le bien, s’inscrit nécessairement dans un temps court (mandat électoral) conditionné et déterminé plus par le principe de la réaction  qu’à celui de la réflexion.
 
En restant toujours dans cette veine d’un espace national souvent fragilisé par l’existence de multiples et fortes contraintes internes et/ou externes; sur l’international caractérisé par un univers économico-financier mondial volatile, âprement concurrentiel et marqué par une lutte géostratégique sans rémission entre les différents Etats, la nécessité d’élargir le champs d’actions et le périmètre d’activités du CESE devient (presque) une nécessité.
 
Ce qui fait que le CESE ne devrait pas rester seulement une institution sénégalo-centrée. Il  pourrait aussi devenir, une sorte ‘’d’institution diplomatique intégrale et latérale’’ qui jouera la carte du lobbying institutionnel complémentaire  et non pas parallèle à notre diplomatie officielle.
 
Ce qui fera du CESE, une usine à idées au plan national et une fabrique de réseaux et de  cercles d’influence pour construire à travers des marchés mondiaux ciblés (Asie du Sud-est, Chine, Inde, Brésil, Turquie et Moyen Orient), des flux et des reflux économiques, sociaux et environnementaux.
 
 Parce qu’avec la globalisation des marchés et le libre-échange, il ne s’agit pas seulement de ‘’s’offrir’’ aux acteurs, mais aussi, il faut s’ouvrir pour soi. Tant qu’il est vrai que de plus en plus, les jeux de pouvoir se font plus dans les coulisses, en singleton, en cercles d’influences ou en comités d’affaires, que dans les chancelleries.
 
D’ailleurs, ce ne sont plus à l’assemblée générale ou au Conseil de sécurité des Nations-Unies, ni à la Banque mondiale ou au FMI, que sont prises les décisions qui régentent  notre monde, mais dans des rencontres ‘’informelles’’ comme  à Davos, dans les sommets mondiaux (G8, G12, G20 etc.), dans les foras internationaux  (New York Forum, Forum Afrique Asie etc.)
 
Ce qui fait qu’il ne faudra jamais perdre de vue qu’en matière d’image et de networking, ce qui est vrai pour les individus est aussi vrai pour les Etats: tout est affaire de séduction. Derrière les choix décisifs dans le jeu des acteurs, se cachent des hommes et des femmes, des lobbyistes, des cercles d’influences et club d’affaires qui contrôlent et tirent les ficelles.

 D’où tout l’intérêt de faire également des membres du CESE, des ambassadeurs itinérants, dans leur domaine de compétences respectives (Economie, Social, Environnement), pour drainer des  flux d’affaires et d’initiatives vers le Sénégal et ouvrir des brèches pour nos opérateurs et entrepreneurs nationaux en leur mettant en link avec les marchés mondiaux. Car, depuis quelques années, la diplomatie n’est plus seulement que politique et sécuritaire. Elle est aussi et de plus en plus, économique, sociale, environnementale, culturelle, sportive. Bref, intégrale.


 Mohamadou SY ‘’Siré’’,  siresy@gmail.com 
CEO, ‘’Epsilone Consulting’’, stratégie & management 
Casablanca, Maroc
 

Mohamadou SY ‘’Siré’’

Vendredi 26 Avril 2013 - 13:35



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