Conséquence de la Guerre au Mali : Les dommages causés au patrimoine culturel de Gao

Des experts maliens et internationaux ont procédé le 11 février à une première évaluation des dommages causés au patrimoine culturel de Gao, qu’il soit matériel ou immatériel, suite à l’occupation de certaines parties du nord du Mali par des groupes armés, informe un communiqué du bureau de l’Unesco à Dakar. L’UNESCO et les autorités maliennes vont coopérer pour dresser une évaluation complète des besoins relatifs au patrimoine culturel de Gao et prendre des mesures afin de préserver ce patrimoine.



Conséquence de la Guerre au Mali : Les dommages causés au patrimoine culturel de Gao
A côté du  traumatisme culturel subi par la population locale après les actions violentes menées par les occupants armés pour tenter de détruire leur identité et leurs pratiques culturelles, notamment la musique traditionnelle, la mission d’experts soulignent que les habitants, notamment les groupes culturels, les musiciens et les danseurs, ont vu leurs  instruments brûlés et les costumes et accessoires pillés et détruits. De même le Takamba, une danse populaire Songhoy, et le Holey-Orey, la danse des possédés, ont été interdites. La Maison des artisans a été vandalisée et les artisans ont perdu leur source de revenus.

Ainsi il est souligné dans le communiqué que des mesures urgentes sont nécessaires pour sauvegarder le Tombeau des Askia, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, avant la prochaine saison des pluies en juin.

Au cours de la visite, les experts ont constaté que les habitants ont mené à bien les travaux de consolidation du Tombeau des Askia à leurs propres frais afin d’éviter que ce monument en terre du 15e siècle ne subisse d’autres dommages.  Des jeunes habitants de la ville ont aussi pris le risque de défendre le site pendant l’occupation, empêchant les extrémistes de commettre des dégâts analogues à ceux infligés aux sites du patrimoine mondial de Tombouctou.

Les experts ont toutefois noté que les efforts de la population ont été temporaires et que les salles de prières de la mosquée nécessitent un important travail de conservation avant la prochaine saison des pluies.

Ils ont également observé que d’autres biens culturels ont été sérieusement mis à mal à Gao. Quatre-vingt-dix pourcent du site archéologique de Gao Saneye, qui date du 11e siècle après J.-C., a été pillé par les extrémistes. Les nouveaux locaux du Musée du Sahel, où les collections ont été transférées en mars 2012, ont servi de résidence aux extrémistes pendant près d’un an. Ils ont été largement endommagés. Il faudra réhabiliter le bâtiment avant de transférer les collections.
 

Matar Séne

Vendredi 14 Février 2014 - 18:08



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter