Corée du Nord: après l’exécution du numéro 2 du régime, Kim Jong-un met en scène sa puissance

Le régime nord-coréen a organisé, mardi 17 décembre 2013, un immense rassemblement public pour le deuxième anniversaire de la mort de Kim Jong-il, père du Dirigeant suprême Kim Jong-un. Cette démonstration de force a lieu sur fond de purges massives au sommet de l’Etat, seulement quelques jours après l’exécution pour trahison de l'oncle de Kim Jong-un.



Corée du Nord: après l’exécution du numéro 2 du régime, Kim Jong-un met en scène sa puissance

La mise en scène est particulièrement spectaculaire et vise à faire la preuve de la toute-puissance de Kim Jong-un. Des dizaines de milliers de cadres du Parti et de l’armée sont réunis et écoutent plusieurs officiels prêter allégeance à leur « Dirigeant suprême ».

Dans une cérémonie retransmise en direct à la télévision, on les voit, le visage grave, se lever d’un bloc et applaudir à tout rompre à chaque discours. A la tribune, entouré de ses plus hauts dignitaires, Kim Jong-un écoute ces serments de loyauté sans prononcer un seul mot.

Le point sur les absents

Après les accusations très graves de trahison et de tentative de coup d’Etat proférées à l’encontre de Jang Song-thaek, l’oncle et mentor de Kim Jong-un exécuté  jeudi 12 décembre, le régime de Pyongyang semble vouloir donner une image de stabilité et d’unité derrière son grand leader, qui a choisi de régner par la terreur.

Cette cérémonie aura d'ailleurs été l'occasion de faire le point sur les purges en cours à la tête de l’Etat nord-coréen, car tel est désormais le jeu préféré des observateurs du régime : deviner les dynamiques du pouvoir à partir de la liste des officiels présents lors des festivités.

Ils ont par exemple remarqué l’absence notable de Kim Kyong-hui, tante de Kim Jong-un et épouse du dirigeant exécuté la semaine dernière. En revanche, le numéro un de l’armée, Choe Ryong-hae, était bel et bien présent ce mardi. Est aussi apparu le Premier ministre Pak Pong-ju, considéré comme un réformiste en matière d’économie.

Selon le ministère sud-coréen de la Réunification, en deux ans, Kim Jong-un a remplacé près de la moitié des officiels du Parti, de l’armée et du gouvernement. Il a nommé à leur place des cadres plus jeunes et considérés comme plus loyaux. Parmi les sept plus hauts dignitaires qui, en 2011, l'avaient accompagné le long du corbillard qui contenait la dépouille de son père, seuls deux ont été épargnés par les purges.

Une chose frappe néanmoins les esprits depuis quelques jours : le procès expéditif de Jang Song-thaek a fait voler en éclat l’image d’unité et de solidité que le régime entretient avec soin depuis des décennies. La propagande nord-coréenne n’avait jamais admis publiquement que des dissensions pouvaient exister au sein même de la famille régnante.

Selon plusieurs analystes, Kim Jong-un a donc fait une erreur : il a mis à mal le mythe officiel selon lequel ses grands leaders sont admirés et suivis par tous les Nord-Coréens, sans aucune exception. Et le gouvernement sud-coréen s’inquiète ; il s’attend à de nouvelles provocations armées, destinées à renforcer ce règne de terreur et la militarisation de la société nord-coréenne, en maintenant les tensions avec l’extérieur.

RFI


Rfi.fr

Mercredi 18 Décembre 2013 - 11:32



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