Côte d'Ivoire: Fêtes de fin d'année, la «classe moyenne» dépense moins

A l'approche des fêtes de fin d'années, les commerçants commencent à s'inquiéter. La tendance pour l'heure de la classe moyenne ivoirienne n'est pas encore aux dépenses comme constaté en fin de semaine dernière à Abidjan.



Côte d'Ivoire: Fêtes de fin d'année, la «classe moyenne» dépense moins
Si on se presse dans les centres commerciaux telle une sortie, parfois en famille, on hésite encore à passer à la caisse.
"Bon faut dire que le cout de la vie a vraiment augmenté et pas nos salaires" explique Madame Sissoko interrogée alors qu'elle sortait d'un magasin de vêtement d'enfant sans avoir effectué d'achat.

Cette fonctionnaire incarne ce qu'on appelle la "classe moyenne du pays", mariée, double salaire de fait supérieur à 500 mille Francs CFA par mois (750 euros), sous poudré de nombre d'avantages, primes et autres "à côtés" mais à l'image d'autres, consciente de la multiplication des dépenses, des sollicitations financières et de la hausse des prix.

"Tout augmente, j'ai l'impression que plus il y a de magasins, plus les prix sont élevés, je ne sais pas si ce sont les commerçants qui augmentent leurs marges ou l'Etat qui augmente les taxes, peut être les deux" fait remarquer quant à lui Nestor, un agent d'une société de fret maritime contraint, lui aussi, de limiter ses achats dans un autre magasin de vêtement.

"L'année dernière j'avais 150 000 à dépenser pour les fêtes, cette année j'ai diminué un peu" témoigne pour sa part Djibril la trentaine, interrogé dans un rayon d'un magasin de produits technologiques alors qu'il s’intéressait à un accessoire audio pour sa petite amie. L'estimant trop cher, il indiquera se rabattre sur le marché noir d'un quartier d'Abidjan pour peut-être l'acheter.

La tendance molle du moment est ressentie par les employées des commerces. "On espère que la semaine prochaine les gens se lâcheront un peu plus, là ils viennent, ils regardent, mais ils n'achètent pas", rapporte, là encore à l'image d'une dizaine d'autres interrogées, Aminata, une caissière.

L'occasion nous sera également donnée de constater la fermeture proche sans nul doute d'une enseigne occidentale de mode pourtant récemment implantée en Côte d'Ivoire et qui s'est faite remarquer par un mannequin "salamandre". Hier remplis d'articles, aujourd'hui les rayons du vaste espace ont été vidés, seuls quelques teeshirts sont accrochés comme annonciateur d'un échec commercial.

Si la "promesse" ivoirienne n'aura pas été au rendez-vous pour cette enseigne, reste désormais à savoir si les autres qui s'implantent depuis peu connaitront le même sort, les réalités du terrain échappent bien souvent aux "implantateurs".
source:koaci.com

Dior Niang

Mardi 15 Décembre 2015 - 08:38



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