Côte d’Ivoire: premières audiences publiques pour la CDVR

Les audiences publiques de la Commission dialogue, vérité et réconciliation ivoirienne ont démarré lundi matin 8 septembre à Abidjan. Pour ce premier jour, cinq cas sont passés devant les commissaires, des violences entre deux communautés, deux femmes violées, et deux homicides. Une centaine de victimes doivent être entendues devant les commissaires de la CDVR pendant deux mois. Des cas symboliques censés représenter les souffrances des Ivoiriens.



De l'avis du public, il y a eu beaucoup d'émotion, un moment dont peu de gens auront pu être témoins : la salle, minuscule, est interdite aux journalistes et ne peut pas accueillir plus de 70 personnes et les audiences ne sont pas retransmises en direct.
L'endroit loué par la CDVR, au centre d'un golf dans un quartier chic de Cocody, est difficilement accessible. Mais cela n'a pas empêché Joseph Tao Ba de venir de Daloa dans l'ouest. Ce retraité de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) n'est pas censé passer en audience publique et ça l'inquiète car sa maison a été détruite pendant la crise. Angoissé par le manque de communication, il veut être sur d'être dédommagé : « Il y avait tout dedans, climatisation et tout. Donc moi je prie le pouvoir [pour] que l’on voit mon problème en procédant à une indemnisation, en me donnant des moyens pour que je puisse reconstruire ma maison. C’est tout. »
« Déni total »
Si des experts affirment être satisfaits de ces débuts, ils s'attendaient au pire. Beaucoup soulignent l'improvisation du processus. Marie-Paule Kodjo, conseillère du président de la CDVR, demande la clémence pour cette première en Côte d'Ivoire : « On ne dit pas qu’on a tout bien [fait] mais on fait ce qu’on peut pour permettre cette catharsis que la population doit ressentir à travers les faits que vont raconter les victimes, les sachants ou les perpétrateurs. On a l’impression qu’il n’y a rien eu en Côte d’Ivoire, qu’il y a des leaders politiques qui sont dans le déni total. Il faut que les gens voient ce qui s’est passé, entendent ce qui s’est passé pour revenir à la non répétition. »
Pour remplir l'objectif pédagogique des audiences, la télévision nationale diffusera chaque jour un montage des images filmées par les équipes de CDVR.
Pour rappel, environ 63 000 personnes, dont quelques bourreaux, se sont fait auditionner par les commissions locales entre mai et août 2014. C'est parmi elles que les victimes ont été sélectionnées pour s'exprimer.

rfi.fr

Mardi 9 Septembre 2014 - 11:39



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