Coupe du monde: l’industrie brésilienne du tourisme se frotte les mains

Un Brésil, tel le christ rédempteur, les bras ouverts pour accueillir le monde, c'est ce qu'a décrit la présidente Dilma Rousseff. A quelques heures de la cérémonie d’ouverture, à 15 h 15 à Sao Paulo (18 h 15 TU), reportage à Copacabana, où l’afflux de spectateurs du monde entier a fait exploser les prix et fait le bonheur de l’industrie touristique.



Ce matin, la plage de Copacabana est prête pour accueillir les touristes du Mondial de football. Les supporters de tous les pays commencent à affluer, sud-américains, européens, asiatiques… Plus de 600 000 étrangers doivent venir assister aux matchs au Brésil. Le pays mise sur d’énormes retombées économiques, plus de 3 milliards d’euros. Pierre et Ludovic, deux Marseillais, sont propriétaires d’un bar installé sur le sable blanc. Ils pensent faire un quart de leur chiffre d’affaires annuel en un mois de Coupe du monde. Pour Ludovic, 26 ans, ce Mondial est une opportunité à ne pas manquer. « Chez nous, on espère 150 personnes sur la diffusion des matches et après, je ne peux même pas chiffrer combien de personnes il y aura sur Copacabana, ce sera énorme », s’enthousiasme-t-il. « On espère pendant ce mois de Coupe du monde, faire au moins trois mois de chiffre d’affaires, voir plus. Après, on est prêt à passer une période d’hiver avec de la pluie tous les jours. On sait qu’on sera tranquille. »

25 000 euros par mois pour un appartement

A Rio, la Coupe du monde a fait exploser les prix. Ceux des locations immobilières ont été multipliés par 4. A 37 ans, Frédéric dirige une agence de location d’appartements de luxe et cette Coupe du monde est pour lui l’occasion de faire de grosses affaires : « Sur le marché, actuellement, un appartement deux chambres, pour la Coupe du monde, se loue aux alentours des 25 à 30 000 euros pour le mois. C’est plus ou moins la moyenne sur le marché actuellement et puis, c’est une loi de l’offre et de la demande, et il y a très peu d’offres en ce moment à Rio de standard assez bon, de qualité. Donc, forcément, ça fait augmenter les prix. »

« Energie »... et amertume

A Rio de Janeiro, la fête bat déjà son plein. Pendant la Coupe du monde, les décibels seront aussi un bon moyen de se faire de l’argent. Beaucoup d’argent. Suzanna, la quarantaine, est l’une des grandes organisatrices d’évènements « VIP » au Brésil. Alors, pas question de parler de morosité. « S’il y a un mot qui peut résumer la Coupe du monde, ici, au Brésil, c’est le mot "énergie". Parce que ça va être quelque chose d’incroyable pour Rio de Janeiro, pour tout le Brésil, il va y avoir une énergie incroyable », se félicite-t-elle. « Il faut savoir que les Brésiliens sont très chaleureux, ici on aime les gens et les touristes vont ressentir cette chaleur, cette magie, ça va être dingue. »

Pourtant les retards de construction des infrastructures de ce Mondial se sont multipliés, les aéroports et les routes ne son pas prêts et les manifestations populaires contre le coût de la compétition sont devenues presque hebdomadaires, comme si, pour la première fois au Brésil, la magie du football ne pouvait plus faire oublier l’amertume et la désillusion.

Source : Rfi.fr



Jeudi 12 Juin 2014 - 08:55