Crash d’Egyptair : l’une des deux boîtes noires retrouvée

Les autorités égyptiennes ont annoncé la récupération de l’enregistreur de sons du cockpit, dont le contenu pourrait permettre de comprendre les causes de la catastrophe.



Après près d'un mois de recherches, les autorités égyptiennes ont annoncé, ce jeudi après-midi, avoir repêché l'enregistreur de sons du cockpit (CVR) de l'Airbus A320 d'Egyptair, l'une des deux boîtes de l'appareil, qui s'est abîmé au large de l'Egypte le 19 mai dernier. L'appareil, dans lequel devraient être enregistrées les conversations des pilotes et les éventuelles alarmes survenues dans le cockpit, serait « endommagé mais exploitable », selon la commission d'enquête égyptienne. La partie blindée contenant l'enregistrement numérique a en effet pu être récupérée. En revanche, le deuxième enregistreur de vol, dans lequel figurent toutes les données techniques du vol, n'a pas encore été retrouvé.
 
Récupéré par un robot sous-marin
 
Cette découverte, qui pourrait s'avérer décisive pour la compréhension du drame, survient alors que l'autonomie des batteries alimentant les balises de détection des boîtes noires touchait presque à sa fin. Elle est à mettre au crédit du « John Lethbridge », un navire de recherche de la société française Deep Ocean Search, basée à l'Ile Maurice et spécialisée dans la détection d'épaves à grande profondeur, qui s'était joint aux recherches vendredi dernier et qui avait permis de localiser, mercredi, les principaux débris de l'appareil par 3.000 mètres de fond. Affrété par les autorités égyptiennes, le « John Lethbridge » dispose notamment d'un robot sous-marin téléguidé conçu pour cartographier les fonds et capable de détecter et de remonter des objets de petites tailles jusqu'à 6.000 mètres de profondeur.
 
Une équipe du BEA prête à décrypter l'enregistrement
 
Selon l'état du CVR et le niveau de complexité de l'opération, le contenu de l'enregistreur de vol sera décrypté soit à Alexandrie, par les enquêteurs égyptiens, assistés par des spécialistes français du BEA et d'Airbus, soit en France, dans les locaux du BEA. Depuis plusieurs jours, une équipe d'enquêteurs du BEA avait déjà commencé à se préparer pour cette tâche, plus ou moins difficile selon l'état de l'enregistrement. Cependant, comme le soulignait récemment le directeur du BEA, Rémi Jouty, il reviendra dans tous les cas aux autorités égyptiennes, en charge de l'enquête, de communiquer sur le résultat des écoutes. Deux enquêteurs du BEA étaient également à bord du « John Lethbridge » et deux autres sur un bâtiment hydrographique de la Marine nationale, le « Laplace ».
 
Le mystère reste complet
 
Dans le meilleur des cas, il faudra donc probablement attendre encore quelques jours avant de connaître le contenu des enregistrements, en espérant qu'ils permettent de cerner les causes de la catastrophe. Pour l'heure, le mystère reste en effet complet. Si la piste terroriste a d'abord été évoquée, un grave problème technique reste tout aussi possible. Des messages techniques ACARS, envoyés automatiquement par l'avion juste avant sa disparition, signaleraient en effet un dégagement de fumée et donc un possible feu à bord de l'avion , plus précisément dans les toilettes et dans la soute avionique, où se situent une partie des systèmes informatiques qui permettent de contrôler l'appareil, ainsi qu'un dysfonctionnement de l'un des ordinateurs de bord gérant les commandes de vol.

Khadim FALL

Jeudi 16 Juin 2016 - 15:12



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