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Crimes au Sénégal : l’Etat tout aussi responsable que les familles responsables

Les crimes dont la presse a fait ses choux gras ces dernières semaines inquiètent Fatou Sow. Cette dernière pense que les facteurs ayant conduit à ces horreurs peuvent être cherchés aussi bien du côté de l’Etat que des structures familiales.



Crimes au Sénégal : l’Etat tout aussi responsable que les familles responsables
Les horreurs relatées par la presse sénégalaises ces dernières semaines déconcertent Fatou Sow Sarr. La directrice du laboratoire Genre, même si elle se refuse à parler de hausse du taux de criminalité, n’en est pas moins inquiétées. Pour elle,  l’Etat et les structures familiales se partagent les responsabilités.

«Seules les données statistiques peuvent prouver qu’il y a une augmentation de la violence, et pour le moment tel n’est pas le cas. Quoi qu’il en soit, ce que la presse relate, en termes de barbarie, est suffisant pour sonner l’alarme. Mais il faut se rappeler que ces criminels proviennent des familles, donc c’est la structure familiale qu’il faut interpeller, sans occulter la responsabilité de l’Etat», a-t-elle déclaré dans une interview accordée à «L’As».

Selon la sociologue, ces crimes ne datent pas d’hier, car, révèle-t-elle «Cela fait des années que les sociologues alertent sur les risques de violence. Ils ont démontré que depuis les PAS (Ndlr : politiques d’ajustement structurel) des années 80, du fait de la pauvreté, la situation sociale est caractérisée par la perte de valeurs morales, religieuses et civiques».

Et de poursuivre : «Les normes qui régulaient la conduite des Sénégalais, et qui assuraient l'ordre social, sont devenues inefficientes. Si rien n’est fait, la violence ira grandissante et sous des formes de plus en plus insoutenables».

Un autre élément qui est pointé du doigt, c’est la pauvreté. Car, déclare-t-elle, «ce sont les inégalités sociales et surtout l’exclusion sociale qu’il faut davantage incriminer. Par le passé, les populations étaient pauvres mais avec une vie faite de respect de l’autre et de sollicitude envers les plus démunis. Aujourd’hui, privé de repères, de statut social de réseau relationnel et de perspectives de réinsertion dans les réseaux de socialisation, l’individu tombe plus facilement dans la déchéance et la délinquance».

Ousmane Demba Kane

Vendredi 16 Décembre 2016 - 09:58



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