Crise au Burkina : Calme précaire à Ouagadougou dans l'attente de la décision de la Cédéao

Un calme précaire règne dimanche à Ouagadougou après une vive tension entre partisans et anti-putschistes, devant l'hôtel Laïco (Sud) où se poursuivent depuis vendredi soir des tractations avec les émissaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), en vue d'une "sortie de crise".



Le général Gilbert Diendéré, 55 ans, fait son entrée dans l'hôtel vers 14H30 (GMT et locales), accompagné de quatre soldats du Régiment de sécurité présidentiel (RSP) - qui a destitué mercredi les organes de la transition et annoncé sa prise de pouvoir -, pour s'entretenir avec le président sénégalais Macky Sall, envoyé de la Cédéao.
 

Dans le hall, leaders de la société civile, personnalités politiques, autorités diplomatiques, se côtoient, s'entretiennent silencieusement par petits groupes, sans rien laisser entendre face aux journalistes qui font la ronde, pour espérer dénicher une "bonne nouvelle" promise la veille par le président béninois Yayi Boni, qui assiste son homologue sénégalais au cours des tractations.
 

Vers 9H00, plus de 50 éléments du RSP, à pieds et dans des pick-up, armés de kalachnikov et cordelettes, quadrillaient la place de la Révolution (Centre-ville) où la société civile a appelé à "un rassemblement" en vue d'une "pression" pour "le rétablissement de la transition" qui était prévue pour s'achever avec la tenue d'élections présidentielle-législatives le 11octobre.

 

Face à l'impossibilité d'occuper la place de la Révolution, les militants de la société civile et des partis politiques alliés, conduits par des leaders du mouvement "Le Balai citoyen" qui a été à la pointe du soulèvement qui a emporté les 27 ans de pouvoir (1987-2014) de Blaise Compaoré, décident de converger vers l'hôtel Laïco à environ huit kilomètres au Sud.
 

Alors qu'ils sont massés à environ 20 mètres en face du bâtiment dans l'enceinte duquel flottent notamment les drapeaux de l'Union africaine (UA) et l'Union européenne (UE), un blindé du RSP surgit, laissant place à une course-poursuite qui conduit les manifestants à l'intérieur de l'édifice : certains d'entre eux, peu chanceux, sont rattrapés et rudoyés.
 

Dans un communiqué vendredi, l'UA a dit condamner "fermement ce qui se passe au Burkina Faso" et ses "auteurs" qui avaient séquestré mercredi dans les premières heures du putsch, le président de la transition Michel Kafando (73 ans), son Premier ministre Isaac Zida (50 ans), qui était l'ex-numéro deux du RSP sous Compaoré, ainsi que les ministres de la Fonction publique Augustin Loada et de l'Habitat René Bagoro.
 

Dans les rues qui portent encore les stigmates des manifestations "anti-Dienédré" des jours antérieurs (voies barricadées de cailloux ou troncs d'arbres, pneus brûlés, ect), règne un calme précaire et des patrouilles du RSP – un corps d'élite créé en 1995 - étaient encore perceptibles vers 18H12 à Ouagadougou, où les habitants depuis quatre jours, attendent encore "ce qui va se décider".
 

Les émissaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest sont assistés dans les négociations par les ambassadeurs américain Tulinabo Mushingi et français Gilles Thibault, favorables à "un retour rapide à la transition".

Source : Alerte Info



Lundi 21 Septembre 2015 - 15:08



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