Crise dans l'Education: Grève appliquée à mi-temps, le cri du coeur des parents et élèves

«Ce jeudi 14 avril 2016 sera une journée de grève totale en attendant éventuellement l’évaluation que les enseignants feront pour déterminer la suite à donner au mouvement », scandait Mamadou Lamine Dianté du SAEMS / CUSEMS pas plus tard qu’hier. Le jour J, Pressafrik qui a fait un tour dans les écoles, constate une «application à mi-temps». Ne sachant plus à quel Saint se vouer, parents et élèves lancent pour leur part un signal de détresse.



Devant le Collège d’Enseignement Moyen (CEM) Manguier, un groupe d’élèves est trouvé sur le bord de la route; certains assis sur le trottoir, d’autres attendent tranquillement l’arrivée des bus. Une jeune fille explique qu’ils sont en grève depuis 10 heures mais qu’il y a d’autres élèves qui sont en train de faire cours. «Le mot d’ordre n’est pas observé par la totalité des syndicalistes, il est appliqué à mi-temps», confirme le Principal du CEM Manguier.
 
Très occupée dans son bureau, Coumba Gueye explique ainsi que «les Professeurs font partie de différents syndicats, alors certains sont partis en grève mais d’autres sont en train de faire leurs cours». Une situation qui nécessite une réorganisation. Evoquant une «cuisine interne», le Principal soutient que «même si un professeur fait partie du syndicat du Grand cadre, il va faire cours avec ses élèves s’il a une classe d’examen car jugeant que tôt ou tard le mot d’ordre sera levé et ne voulant pas causé du tort aux élèves en classe d’examen».
 
Elève en classe de 6ème, Aïssatou a le visage crispé. Après leur composition, son professeur les a informés que les notes étaient très mauvaises, dit-elle. «C’est de la faute des enseignants qui ne nous donnent plus assez de leurs connaissances», martèle-t-elle.
 
 Et Aïssatou de déplorer: «C’est nous, élèves qui sommes les plus grands perdants dans cette affaire car nous avons un niveau très bas qui se répercute dans les compositions». L’élève supplie les professeurs de retourner dans les salles de classe pour sauver leur avenir.

Pour Mamadou Ndoye, parent d’élève, la situation est vraiment catastrophique. «C’est avec un cri du cœur que je lance un appel à l’Etat et aux syndicats... L’Etat doit respecter ses engagements parce que les enseignants n’ont que leur travail pour vivre. Mais ces derniers doivent aussi revoir leurs revendications tout en sachant qu’on est dans un pays qui n’est pas sur ses quatre pattes», supplie-t-il. 
 

Aminata Diouf (Stagiaire)

Jeudi 14 Avril 2016 - 14:19



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