Croatie-Suker : "Nous devons trouver un équilibre collectif"



Croatie-Suker : "Nous devons trouver un équilibre collectif"
Davor Suker sait mieux que quiconque ce qu'il faut pour se faire un nom en Coupe du Monde de la FIFA. En 1998, il a propulsé son pays sur la troisième marche du podium, s'adjugeant au passage le Soulier d'Or adidas. L'ancien attaquant de Séville, du Real Madrid et d'Arsenal a raccroché les crampons en 2003. Il a toutefois participé à la qualification de la Croatie pour Brésil 2014, en tant que président de la Fédération croate de football (HNS). FIFA.com l'a rencontré pour évoquer son admiration pour le pays hôte du tournoi, le match d'ouverture entre la Seleçao et les Vatreni à São Paulo et les ingrédients nécessaires pour créer la surprise en Coupe du Monde.


Davor Suker, que vous inspire aujourd'hui le football brésilien ?
Le Brésil a produit quelques-uns des meilleurs footballeurs de l'histoire. Il suffit de se promener sur une plage pour voir des gens jouer au football. São Paulo, Salvador... le football est partout. C'est magnifique ! J'ai toujours admiré le talent des Brésiliens, leur passion pour le beau jeu et leur volonté de faire plaisir aux supporters en marquant le plus de buts possible. Je suis vraiment ravi d'avoir l'occasion de vivre une Coupe du Monde dans ce pays. Qu'est-ce qui rend cette Coupe du Monde si particulière ? Tout dépend de ce que vous faites de votre talent. À l'école ou dans les rues, il faut travailler sa technique et ses dribbles. Personnellement, j'apprécie les joueurs qui se donnent autant à l'entraînement qu'en match, quelles que soient les circonstances. C'est ainsi que l'on atteint le très haut niveau. Cette année, tous les participants possèdent de solides arguments en attaque et au milieu. Je suis sûr que ce sera un tournoi avec du spectacle.


Existe-t-il des ressemblances entre le Brésil et la Croatie ?
Mon pays ne compte que quatre ou cinq millions d'habitants. Nous aimons tous les sports : le handball, le basketball, le water-polo, le tennis… À l'école, on disait toujours : donnez-nous une balle et nous pouvons pratiquer tous les sports. Je pense que nous partageons cette passion pour le ballon avec les Brésiliens. La Croatie se prépare à affronter le Brésil en Match d'Ouverture de la Coupe du Monde 2014.


Que vous évoque ce match ?
C'est un rêve qui se réalise ! La Coupe du Monde… Au Brésil… Non seulement le stade de São Paulo sera plein, mais les télévisions et les radios du monde entier seront présentes. Toute la planète va suivre ce match. Nous ne sommes qu'une petite partie d'un grand tout. Notre pays n'est pas très grand, mais il est fier. Nous allons donner tout ce que nous avons et nous gagnerons ainsi le respect de tous.


Les Brésiliens doivent gérer une énorme pression. Est-ce un avantage pour la Croatie ? Absolument pas ! Peu importe ce qu'on peut lire dans les journaux. L'essentiel se passe sur le terrain, à 11 contre 11. À partir du moment où l'arbitre siffle, le moindre détail compte. L'équipe qui s'investira le plus dans la partie l'emportera.


En tant qu'ancien attaquant, selon vous, qui va remporter le Soulier d'Or adidas de cette Coupe du Monde ?
Cristiano Ronaldo, Fernando Torres, Mario Mandzukic, Neymar, Fred...Il y a beaucoup d'excellents attaquants dans toutes les équipes. C'est très difficile à dire. Il y a toujours un invité surprise qui marque beaucoup de buts. Je crois que nous verrons davantage de coups d'éclat que d'erreurs défensives. Je suis sûr que les attaquants vont briller pendant cette Coupe du Monde. Bien entendu, j'espère retrouver les attaquants croates en haut du classement des buteurs. Depuis 1994, il y a toujours au moins une équipe que l'on n'attendait pas en demi-finale : Bulgarie, République de Corée, Turquie, Portugal, Uruguay…


En 1998, la Croatie avait déjoué les pronostics. À qui le tour en 2014 ?
Nous rêvons de renouveler l'exploit et, avec notre sélectionneur Niko Kovac, nous essayons de mettre toutes les chances de notre côté. Si je pouvais changer quelque chose, je commencerais par réduire le nombre de nos blessés. Mais ça fait aussi partie du jeu. Nous sommes là pour jouer et prendre du plaisir. C'est notre devise. J'espère que la Croatie pourra rééditer l'exploit de 1998, mais il ne sert à rien de faire de grandes déclarations. Il faut se préparer calmement et tranquillement. Nous allons faire ce que nous faisons de mieux : jouer au football. Je crois que la surprise pourrait aussi venir de la Bosnie-Herzégovine, de la Belgique ou du Chili.

Quelles qualités un outsider doit-il réunir pour créer la surprise en Coupe du Monde ?
Il faut proposer du jeu, avoir de bons milieux, un collectif parfaitement rodé et un attaquant capable de marquer beaucoup de buts. C'est la formule. Évidemment, il faut aussi se montrer discret. C'est le principe : on ne s'attend jamais à une surprise. Les membres de la génération de 1998 sont très appréciés des internationaux croates actuels. Est-ce quelque chose dont vous êtes particulièrement fier ? Oui. Ces jeunes nous ont regardés à la télévision en 1998. Je suis fier d'avoir participé à ces matches. À l'époque, j'étais aussi un supporter croate. Aujourd'hui, je préside la fédération pour aider l'équipe nationale et mon pays.


Existe-t-il un élément au sein de l'équipe actuelle que vous auriez aimé avoir avec vous en 1998 ? (rires) J'aimerais que Luka Modric et Ivan Rakitic soient capables de jouer comme Zvonimir Boban, Robert Prosinecki et Aljosa Asanovic. J'aimerais que Mario Mandzukic, Nikica Jelavic et Eduardo fassent preuve d'autant d'efficacité que moi à l'époque. Mais avant toute chose, nous devons trouver un équilibre collectif. C'est essentiel. Je n'aime pas les comparaisons. L'équipe est différente et le football a évolué. On le sait, le football change tous les dix ans. Je souhaite le meilleur à nos successeurs, en espérant qu'ils feront encore mieux que nous en 1998.

fifa.com/worldcup

Jeudi 12 Juin 2014 - 12:42