DAKAR - Pour avoir tué son ami d’un coup de couteau, Mouhamed Diop écope de 6 ans de prison ferme



La Cour d’assises de Dakar a condamné, hier mardi, Mouhamed Diop à 6 ans de prison ferme. Il avait tué son ami Assane Diop en lui plantant un couteau sur la région du cœur.  
A l’origine, c’était une banale histoire de vol de portable. Ensuite, l’histoire est devenue grave. Très grave. Ce différend qui pouvait se régler en famille ou entre quartiers a franchi la ligne rouge pour cavaler tout droit sur la piste criminelle. Mort d’homme s’en est suivie et Mohamed Diop, 22 ans, s’est retrouvé avec les mains tachetées du sang de son ami. Après trois bagarres, Mohamed mettra fin à la vie de son «frangin», Assane Diop. C’était le 12 janvier 2008. Et les éléments du Poste de Police de Yeumbeul, informés de cette rixe sur la voie publique au quartier Bène Baraque de Yeumbeul ont constaté que le corps de la victime était couvert d’un drap de lit sur lequel était posée une lame de couteau sans manche à bout effilé et taché de sang. Ils relevaient aussi une plaie profonde, causée par un objet pointu, près du cœur de la victime. Et le certificat de genre de mort, établi le 03 janvier 2008 par le docteur Chérif Dial du service d’anatomie et cytologie pathologiques  de l’hôpital de Grand-Yoff,  a relevé une mort due à une plaie thoracique pénétrante avec lésion cardiaque et une hémorragie interne et externe par arme blanche. Les policiers, après avoir retrouvé un poignard «espadon» plus connu sous le nom de «naw naw», ont arrêté Mohamed Diop, condamné hier mardi, à 6 ans de prison ferme plus une amende de 200 mille FCfa. Le président de la Cour, Mamadou Lamine Diedhiou, a disqualifié les faits en Coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. Placé sous mandat de dépôt depuis le14 janvier 2008, Mouhamed Diop qui avait tué son ami et «frère» est donc libre. L’avocat général, Madiaw Diaw, après le désistement de la famille de la victime, pense que l’accusé peut bénéficier de circonstances atténuantes. Il avait requis 10 ans de travaux forcés au moment où l’avocat de la défense, Me Sadio Diao, a plaidé l’acquittement, en formulant la thèse de l’excuse de provocation et de la légitime défense.  
A la barre, l’accusé est revenu sur cette bagarre. «J’étais allé lui rendre visite. Mais à peine suis-je entré dans sa chambre qu’il m’a intimé l’ordre de sortir. C’est par la suite que j’ai compris pourquoi il avait ce comportement. Il m’accusait d’avoir volé son téléphone portable lors d’une soirée dansante. C’était il y a 2 mois», se souvient Mouhamed Diop. Et aux enquêteurs, il avait retracé ce film d’horreur : «Après m’avoir abreuvé d’injures, il m’a invité à se battre. Je n’ai pas réagi et sur les conseils de Fatou Sow, je suis resté chez elle pour éviter d’envenimer les choses. Lorsque je suis sorti, il s’est encore jeté sur moi. Fatou Sow est venu nous séparer. Assane a pris un couteau qu’il avait par-devers lui et m’a poursuivi en me donnant un coup à la clavicule et à la fesse gauche. J’ai couru prendre un couteau chez le vendeur de coco pour me défendre, mais Assane s’est jeté sur moi, je l’ai esquivé avant de lui asséner, à son tour, un coup de couteau à la clavicule.»  A la barre, Fatou Sow dit avoir demandé à Mohamed, même s’il n’a pas pris le portable, d’en acheter à Assane. Chose que Mohamed a faite. Assane l’a accepté et l’a vendu pour, dit-il, se soigner. Par la suite, le défunt a recommencé les hostilités en disant que le portable donné par Assane est moins valeureux que celui volé.  Fatou Sow a confirmé la déclaration de Mohamed tout en signalant que c’est Assane qui a poursuivi Mohamed Diop en menaçant, lors de la bagarre, de le tuer. Mais, c’est Assane qui est mort. Sa mère qui n’a pas supporté la perte de son cadet l’a suivi 8 mois plus tard. Et sa fille de 8 ans A. Ndiaye demande toujours après son père. Un père qu’elle ne connaîtra que de nom selon le journal l'observateur


Jeudi 27 Mars 2014 - 08:01



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