DC: bilan incertain de la première opération contre les FDLR

En République démocratique du Congo, l'offensive contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) a bel et bien commencé. Un régiment de l'armée congolaise a fait mouvement, mardi matin, contre plusieurs positions connues des FDLR dans le Sud-Kivu. Le bilan reste modeste. Selon le porte-parole de l'armée, il y aurait eu trois morts et deux capturés chez les rebelles hutus rwandais. D'autres sources évoquent un combattant capturé avec six membres de sa famille.



Des soldats de l'armée congolaise en opération au nord de Goma, le 31 octobre 2013. REUTERS/Kenny Katombe
Des soldats de l'armée congolaise en opération au nord de Goma, le 31 octobre 2013. REUTERS/Kenny Katombe

Les opérations ont commencé mardi, à 6h du matin, sur les moyens plateaux du territoire d'Uvira dont l’objectif était d’atteindre les deux campements de Mulenge où est censé se trouver le colonel Fred Irakiza, présenté comme le plus gradé des FDLR au Sud-Kivu.

Des tirs ont été entendus jusqu'à 14h30. L'offensive aurait donc duré plus de huit heures, pour un bilan plutôt modeste. Selon le porte-parole de l'armée congolaise, les rebelles hutus rwandais n'ont offert aucune résistance et ont laissé derrière eux plusieurs armes dont des armes lourdes.

Cependant, plusieurs sources et témoins affirment que les FDLR avaient, pour l'essentiel, déserté ces camps avant même l'arrivée de l'armée congolaise, envoyant leurs dépendants à travers la forêt en direction de Lubumba et ce, plusieurs jours avant l'offensive. Les combattants se seraient eux-mêmes réfugiés sur les hauts plateaux. Ont-ils suivi les mouvements de troupes de l'armée congolaise ?

« Il faut dire que c'est une zone qu'ils connaissent extrêmement bien, ils peuvent rester cachés là des jours, en attendant que l'armée congolaise épuise ses ressources logistiques », estime un expert qui dit toutefois attendre les prochains jours pour juger du sérieux des opérations et de la bonne foi de l'armée congolaise dont la communauté internationale semblait douter jusqu'à présent.

- « Il y a nécessairement des complicités », estime un activiste local.

- « C'est faux. Le chef des opérations contre les FDLR au Sud-Kivu est le général Masudi. Il a été un temps soupçonné d'être proche du chef rebelle Laurent Nkunda [ndlr : il a dirigé le CNDP, une rébellion soutenue par Kigali]. Vous n'allez pas le taxer d'être pro-FDLR, non ? », rétorque un officier congolais.

Le porte-parole de l'armée dément quant à lui que les camps étaient globalement vides au moment de l'offensive. « Nous avons conquis quatre objectifs militaires », martèle le général Léon Richard Kasonga.

De son côté, le général Masudi qui dirige l'offensive au Sud-Kivu a établi son état-major à Lemera. Un seul régiment - celui d'Uvira - a participé à cette première opération mais au total, trois régiments pourraient être mobilisés.


Rfi.fr

Jeudi 26 Février 2015 - 14:05



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