DIRECT Procès de Barthélémy Dias et Cie: «L'article 80 pourrait s'appliquer...», Me El Hadji Amadou Sall



«Je n’ai pas peur du combat judiciaire mais je n’ai aucune envie de plaider contre Barthélémy Dias», précise Me El Hadji Amadou Sall à la barre. «Si cela ne dépendait que de moi demain, on se retrouvait dans le champ politique», poursuit-il en évoquant ses relations avec le père du prévenu, Jean-Paul Dias, un ancien responsable du PDS. 

Mais dans ce dossier, il l’indique en ces termes : «Je défends quatre (4) personnes» autrement dit Abdoulaye Diène, Cheikh Mbackiou Siby, Cheikh Omar Mangane et Samba Diouf alias «Ndiol», éléments de la sécurité et militants du PDS (Parti Démocratique Sénégalais).

«J’ai passé quatre (4) années avec Abdoulaye Diène, à la présidence de la République», assure l’ancien ministre de la Justice qui décrit un policier chargé de la sécurité rapprochée du président de la République.

«Lorsqu’on fait un meeting, la sécurité d’Etat ne suffit pas. Il y a certains rôles qui ne peuvent pas être dévolus à la police », soutient-il en expliquant que «certains aspects de l’organisation privée, partisane doivent être assurés par une sécurité privée».

Dans ce sillage, «parmi les tâches d’Abdoulaye Diène dans sa qualité d’adjoint dans la sécurité du président Abdoulaye Wade, il lui incombe d’être le lien entre la sécurité d’Etat et la sécurité privée», développe la robe noire.

Et d’ajouter: «Quatre (4) mois avant le 22 décembre, il y a eu une révolte, une part très importante des Sénégalais s’était rebellée et ces manifestations ont dégénéré. Il y a eu beaucoup de dégâts et des personnes sont mortes. Si nous nous contentons de regarder les choses sans jugement, un policier et d’autres civils sont morts. J’étais à l’intérieur du palais, à quelques mètres, une foule était prête à entrer dans le Palais. Des ministres ont vu leur domicile saccagé. Moi-même, la nuit venant du Palais de la République, j’ai rencontré d’énormes difficultés», rappelle-t-il.

Avant d’indiquer : «C’est dans ce contexte que des personnes dont Barthélémy Dias, disaient qu’il n’était pas possible que le président Abdoulaye ait droit à un troisième mandat, allant même jusqu’à menacer le Conseil constitutionnel».

«Tous les hommes politiques n’osaient pas circuler sans avoir de garde rapprochée», conforte-t-il sa thèse.

Selon lui, le contexte et l’environnement étaient tels que toutes les forces de police n’étaient pas capables de gérer la sécurité». C’est pourquoi, argumente-t-il, il était normal de faire appel à Abdoulaye Diène et Cie qui «ne sont pas des nervis » mais des personnes chargés d’assurer la sécurité.

L’expédition à la mairie de Mermoz – Sacré Cœur avait pour but de «dissuader» Barthélémy Dias, formule-t-il. Avant de reconnaître «une part d’intimidation pour qu’il (Barthélémy Dias) n’agisse pas, ne vienne pas troubler ni le Congrès, ni le meeting du PDS».

Mais le jour des faits, le constat est fait par Me El Hadji Amadou Sall, « (Cheikh Siby et Cie) sont restés à une centaine de mètres de la mairie» et qu’ «au maximum, il ne pouvait avoir plus de quinze (15) personnes du côté des militants du PDS».

Et c’est au moment où ces derniers «embarquaient dans leurs véhicules, que les choses ont dégénéré. Et les jets de pierres ont commencé».

Selon Me El Hadji Amadou Sall, «toutes les conditions sont réunies pour qu’ils (ses clients) soient relaxés». «Ils sont allés chez Barthélémy, ils se sont chamaillés», dit-il en soutenant que «c’est du trouble à l’ordre public» et que c’est «l’article 80 qui pourrait s’appliquer».

Le conseil des éléments de la sécurité du PDS plaide «une peine légère en guise d’avertissement». 


Jeudi 26 Janvier 2017 - 16:54



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