Daaka de Médina Gounass : l'Etat maintient la fermeture des frontières sud



Les autorités sénégalaises n’entendent pas déroger à la mesure de fermeture des frontières sud du pays et pourraient être amenées à en prendre de plus draconiennes, pour se prémunir de la fièvre hémorragique Ebola, si le développement de l’épidémie en Guinée l’exigeait, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo.

Sur le chemin du retour de Médina Gounass (Kolda, sud) où il s’est rendu compte de l’état d’avancement des travaux préparatoires du ‘’daaka’’, M. Diallo avait fait escale, mardi, à Tambacounda pour vérifier le niveau d’exécution des décisions prises contre l’insécurité dans la capitale orientale.

S’adressant aux journalistes, au terme de sa visite du site de regroupement des malades mentaux, le ministre de l’Intérieur a rapporté s’être entretenu avec le khalife de cette cité religieuse, Thierno Amadou Tidiane Bâ, à propos de la situation sanitaire dans la sous-région marquée par l’expansion de la fièvre hémorragique causée par le virus Ebola.

La maladie qui s’est déclarée dans le sud de la République voisine de Guinée, s’est propagée, en l’espace de quelques semaines jusqu’à la capitale et dans d’autres pays comme la Sierra Leone.

Abdoulaye Daouda Diallo a indiqué avoir abordé avec le chef religieux de Médina Gounass les mesures d’accompagnement appropriées d’un maintien du ‘’Daaka’’ sur la période prévue.

Cette retraite spirituelle qui se déroule chaque année pendant 10 jours en brousse, regroupant des disciples venus de divers horizons, y compris de la sous-région, devrait démarrer à partir du 12 avril.

‘’Je me devais de le lui dire et voir dans quelle mesure cette cérémonie de +daaka+ pourrait être maintenue pour cette année et les mesures nécessaires appropriées qu’il faudrait accoupler à cela’’, a-t-il expliqué.

‘’Je lui ai fait comprendre, a-t-il poursuivi, que c’est un moment de grande convergence où toute la sous-région en principe devrait être là, mais nous n’entendons pas déroger à cette règle de fermeture de nos frontières sud en général et plus particulièrement de Kolda et de Kédougou.’’

M. Diallo a indiqué avoir rappelé au khalife que la fermeture de la frontière est toujours en vigueur et que si la progression de la maladie poussait les autorités à prendre des ‘’mesures beaucoup plus draconiennes, (elles) seraient amenées à le faire’’.

Il a noté, par ailleurs, que le cas échéant, à savoir si un recul de la maladie était décelé, il pourrait être envisagé d’alléger cette mesure. ‘’Le khalife s’est réjoui de la mesure et a noté que c’est ce que préconise la religion en cas d’épidémie. Nous nous sommes bien entendu sur le principe’’, a rapporté le ministre.

La fermeture de la frontière implique non seulement l’interdiction pour les disciples venant de la Guinée d’entrer dans le pays, mais également celle des produits venant de ce pays, comme le miel et la viande de chasse, a-t-il précisé. Il laissé entendre que concernant les autres pays comme la Mauritanie ou ceux de l’est, le problème ne se pose pas.

‘’On demandera aux services de la santé de veiller, en relation avec les services de la sécurité, à la bonne application de toutes les mesures qu’ils arrêteront’’, a assuré Abdoulaye Daouda Diallo.
APS



Mercredi 2 Avril 2014 - 10:31



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter