Danger pour la santé des populations: L’observatoire contre le commerce illicite des produits du tabac mis sur pied



L’observatoire contre le commerce illicite des produits du tabac est une initiative de la société civile, d'acteurs de la lutte anti-tabac. «Cette importante décision résulte d'une étude profonde de l'état de l'ampleur du commerce illicite des produits du tabac, qui à tout point de vue représente un danger pour la santé des populations, et fragilise l'équilibre économique de tous les pays du monde», sert Amadou Moustapha Gaye, le Président de l'Observatoire.
 
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le commerce illicite des produits du tabac correspond à «toute pratique ou conduite interdite par la loi relative à la production, l’expédition, la réception, la possession, la distribution, la vente ou l’achat, y compris toute pratique ou conduite destinée à faciliter une telle activité». (Article 1er du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac). Pis, 12% des 6.000 milliards de cigarettes commercialisées chaque année dans le monde font l’objet de commerce illicite.
 
Dans le monde, la contrebande et la contrefaçon des cigarettes dominent le commerce illicite des produits du tabac. Les experts estiment que le commerce illicite représente entre 10 et 12% des ventes mondiales de cigarettes, soit environ 600 milliards de cigarettes.
 
«Ce phénomène met à mal les efforts menés en matière de politiques de lutte contre le tabagisme, et notamment les politiques fiscales car ces marchés parallèles proposent des cigarettes à moindre coût, ce qui les rend plus accessibles, alors qu’il est démontré que des prix élevés peuvent dissuader la consommation de tabac ou renforcer la motivation à l’arrêt. La contrebande, la contrefaçon et la fabrication illégale sont responsables également d’un manque à gagner de recettes fiscales principalement destinées à financer une partie de coûts sanitaires et sociaux provoqués par le tabac. Les fabricants de tabac sont les principaux bénéficiaires de ce commerce illicite du tabac, lorsqu'ils ne l'organisent pas eux-mêmes. Il importe de rappeler que l’essentiel des cigarettes du commerce parallèle sont fabriquées dans les usines de l'industrie du tabac. C’est la raison pour laquelle, il convient de contrôler les flux de tabac, depuis sa fabrication jusqu’aux lieux de vente», alerte Amadou Moustapha Gaye.

Pour le Président de l'Observatoire contre le commerce illicite du tabac, «l’enjeu est de taille car il s’agit de sauver des milliers de vies au Sénégal, en Afrique et dans le monde : seule une réponse internationale forte et déterminée permettra de mettre fin à ces trafics, d’assurer une meilleure efficacité aux politiques de santé publique et de renforcer la sécurité dans les zones cibles de ces marchés».
 
Le Protocole de l’OMS pour éliminer le commerce illicite a été adopté le 12 novembre 2012 à Séoul, élaboré avec le concours de 180 pays.


Vendredi 23 Septembre 2016 - 14:13



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