Dans le nord du Burundi, le calme revient mais la peur est toujours là

Au Burundi, d’intenses combats entre l'armée et un groupe armé non identifié ont eu lieu vendredi dans le secteur de Rugazi, dans la province de Kayanza, près du Rwanda et à une centaine de kilomètres au nord de Bujumbura. Au lendemain de ces affrontements, un certain calme est revenu.



Des soldats fidèles au président Pierre Nkurunziza dans des rues de la capitale burundaise où les affrontements ont repris, le 14 mai 2015. REUTERS/Goran Tomasevic
Des soldats fidèles au président Pierre Nkurunziza dans des rues de la capitale burundaise où les affrontements ont repris, le 14 mai 2015. REUTERS/Goran Tomasevic

Le calme est revenu dans le secteur de Rugazi au lendemain de violents combats entre l'armée burundaise et un groupe armé non identifié. Il n’y a plus de coups de feu et les gens ont retrouvé leur domicile. Mais la peur est toujours là.

Les habitants racontent qu'ils ont vu, vendredi matin, un groupe armé en provenance du Rwanda commencer à s’installer. Les premiers affrontements ont éclaté après que des gens sont allés appeler des soldats positionnés plus loin. Mais en trop faible nombre face à un groupe estimé à 300-400 combattants en uniforme militaire, selon des témoins, les soldats burundais sont revenus avec des renforts. Selon le gouverneur de la province de Kayanza, douze de ces combattants ont été tués. La population assure que d'autres ont été capturés. Si la situation s'est calmée, des témoins rapportent que des combats se poursuivent dans la forêt de la Kibira.

La Belgique, ancienne puissance coloniale, et les Etats-Unis ont vivement condamné ces combats. Bruxelles et Washington appellent les protagonistes à surmonter la crise par le dialogue et des voies pacifiques en estimant que la lutte armée et les violences n'ont plus leur place au Burundi.

Nuit de violence et de peur à Bujumbura

Dans la nuit de vendredi à samedi, des incidents ont également eu lieu à Bujumbura. Une dizaine de grenades ont explosé dans plusieurs quartiers de Bujumbura qui étaient à la tête de la fronde contre le troisième mandat du président Nkurunziza. La police parle de cinq explosions, mais les gens en ont dénombré au moins dix dans presque tous ces quartiers. La police a également tiré.

Selon un officier de police, il s'agissait de mouvements coordonnés et d’actes dirigés contre la police. Il n’y a pas eu de policiers blessés, assure-t-il, mais un civil a été tué par balle, apparemment tirée par la police. Le corps de la victime a été retrouvé ce samedi matin. Bujumbura a encore passé une nuit difficile. Des rumeurs circulent sur d’éventuelles attaques. Si ces rumeurs sont invérifiables, elles instillent chez les habitants une peur terrible.


Rfi.fr

Dimanche 12 Juillet 2015 - 07:11



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