De plus en plus de mineurs chez les migrants

Après les 22 opérations de sauvetage réalisées ce week-end, près de 4 400 migrants se réveilleront pour la première fois ce matin, en Italie. Ils sont arrivés aux quatre coins de la Sicile et notamment au port de Palerme, où les femmes et les mineurs non accompagnés étaient particulièrement nombreux.



Il a fallu plusieurs heures pour que le Vega, le bateau de la marine militaire italienne, se vide de ses occupants : 542 migrants secourus à environ 30 miles des côtes libyennes.

Ils viennent d’Erythrée le plus souvent, mais aussi de Syrie et de pratiquement toute l’Afrique de l’Ouest. Ils sont 308 hommes, 85 femmes et 149 mineurs, venus pour une écrasante majorité seuls, comme l’explique le commandant Antonio Dovizio : « Il y a 130 mineurs non accompagnés, souvent ils entreprennent cette traversée sans leurs parents et c’est une vraie situation d’urgence. C’est une urgence à tous les niveaux ».

Depuis plusieurs jours, les mineurs non accompagnés sont particulièrement nombreux parmi les migrants  à peine arrivés. Et trouver une solution pour les héberger est un véritable casse-tête. Car les structures qui leur sont réservées dans toute l’Italie sont saturées. Francesca Cannizzo est préfet de Palerme : « C’est une tache qui demande beaucoup de patience, un travail continu que de pouvoir trouver, un par un, quelles sont les places encore libres. Ensuite, il faut voir si elles peuvent accueillir des garçons ou des filles et de quelle tranche d’âge ».

Les adultes eux ont été transférés dans des centres d’accueil du nord et du centre du pays.


Une opération d'une envergure exceptionnelle

L'opération de sauvetage ce week-end au large des côtes italiennes de plus de 4000 migrants venant de Libye est l'une des plus importantes de ces dernières années. Le bateau Bourbon Agros, affrété par Médecins Sans Frontières, a sauvé 75 mineurs venant d'Afrique de l'Ouest. Tous décrivent des conditions de détention inhumaines en Libye.

Les membres de Médecins Sans Frontières ont découvert un spectacle accablant au large des côtes libyennes : 75 jeunes migrants, la majorité ayant entre 14 et 16 ans, entassés sur un petit bateau pneumatique en train de couler. La plupart viennent d'Afrique de l'Ouest.

Certains ont fui la guerre en Côte d'Ivoire de 2011, d'autres la pauvreté en Guinée. Ils ont entrepris le voyage seuls, malgré leur jeune âge. Pour les autres, les parents qui les accompagnaient ont été tués.

Tous ont fait escale en Lybie, un passage obligé vers l'Europe, un endroit où ils ne veulent plus jamais retourner, comme ils l'ont expliqué à Lindis Hurum, Coordinatrice à Medecins sans frontières : « C'est toujours la même chose : ''Ne me ramenez pas en Libye, sinon je préfère me jeter à la mer ». En Libye, les noirs sont traités comme des animaux. Ils sont battus, ont peut voir les cicatrices. Et avant cela, ils ont travaillé pendant des mois, parfois des années, pour rassembler l'argent du voyage.

Les jeunes migrants disent avoir été parqués dans des baraquements, sans nourriture et parfois sans eau, pendant des jours en attendant le départ. Mais ils ne précisent pas qui gère ces lieux. Les 75 mineurs ont accosté dimanche sain et sauf sur les côtes Italiennes, comme plus de 100 000 autres migrants depuis le début de l'année.


Rfi

Mardi 25 Août 2015 - 10:58



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter