Début de crise politique au Malawi

Au pouvoir depuis 2012, Joyce Banda, 64 ans, jouait sa survie politique. Ce samedi 24 mai, elle a déclaré « nul et non avenu » le scrutin présidentiel et législatif, le cinquième depuis l'instauration du multipartisme dans ce pays d'Afrique australe.



La présidente du Malawi Joyce Banda, lors de l'élection présidentielle du 20 mai 2014. REUTERS/Eldson Chagara
La présidente du Malawi Joyce Banda, lors de l'élection présidentielle du 20 mai 2014. REUTERS/Eldson Chagara

C'est au bord de la défaite que Joyce Banda a pris sa décision. Selon les premiers résultats partiels, la présidente sortante n'obtenait que 23% des suffrages contre 42% pour son adversaire Peter Mutharika. La présidente du Malawi a alors décrété l'annulation de ce scrutin à un tour tenu le 20 mai, en raison selon elle de graves irrégularités. « En tant que présidente, a-t-elle annoncé samedi, j'ai utilisé les pouvoirs que me confère la Constitution pour déclarer les élections nulles et non avenues ».

Joyce Banda, au mandat entaché par le plus grand scandale de détournement d'argent public de l'histoire du Malawi, promet de nouvelles élections, sans sa candidature, dans un délai de 90 jours. Mais sa décision a été immédiatement contestée par son adversaire. La Haute cour du Malawi, saisie par la commission électorale a finalement invalidé l'annulation du vote après avoir déjà débouté la présidente vendredi dans sa tentative d'empêcher la publication des résultats. Selon le juriste Mandala Mamulasa, président de la Malawi Law Society, cette décision de la Haute cour est parfaitement compréhensible. « Nos lois n’autorisent pas d’annuler des élections de cette façon, explique-t-il, et l’article de la Constitution cité ne permet pas au président de prendre cette mesure (…) Selon nos lois, seule la Cour suprême a le droit d’annuler une élection. Nous sommes tous choqués par la décision de la présidente. »

Selon Joyce banda, des électeurs auraient voté plusieurs fois et des urnes auraient été bourrées. Pourtant selon Robert Silungwe membre du Malawi Election Support Network (MESN), contacté par RFI, s'il y a bien eu quelques « problèmes de matériel » et des « retards dans l'ouverture des bureaux de vote (…) il n'y a pas eu de fraude. Ces problèmes n’ont pas eu d’impacts sur les élections, et personne n’a jusqu’à présent de preuves qu’il y a eu des fraudes.(Ils) ont été réglés, et les élections ont pu se tenir paisiblement. »

Source : Rfi.fr
 



Dimanche 25 Mai 2014 - 10:35



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