Décès de Boubacar Ndong à la gendarmerie de Hann, pool d’avocats mobilisés par le Forum civil

Agé de 38 ans, Boubacar Ndong a trépassé le 15 novembre dernier dans les locaux de la gendarmerie de Hann où il était placé en garde-à-vue pour avoir saisi le véhicule de son employeur qui lui devait des arriérés de salaire. Le défunt a été inhumé hier au cimetière de Pikine. La thèse de pendaison avancée par la Brigade n’agréé pas les proches qui entendent procéder à une exhumation du corps aux fins d’une contre-autopsie. Mieux, un pool d’avocats a été commis par le Forum civil.



Porte-parole de la famille du défunt Boubacar Ndong, le sieur Mouhamed Ndiongue s’est confié à «l’Observateur» pour revenir sur les circonstances de la mort de son défunt cousin. Il s’est, en sus épanché sur la position adoptée par la famille afin que toute la lumière soit faite. «Mon cousin Boubacar Ndong était chauffeur dans une entreprise dénommée « Capo ». Las de courir derrière trois (3) mois d’arriérés de salaire, il avait confisqué l’un des véhicules de son patron. Il s’agit d’un taxi bagages qu’il avait confié à un ami établi à Kaolac. Celui-ci s’est arrêté quelques jours plus tard par les gendarmes au moment où il tentait de regagner Dakar. Vu qu’il y avait une plainte à la Brigade de gendarmerie de Hann, sur la disparition du véhicule, l’ami en question a été mis à la disposition des pandores de Hann (Dakar) pour les besoins de l’enquête », narre ce dernier.
 
Et de poursuivre : «Alors que l’ami était en garde-à-vue, il a indiqué que le véhicule lui a été confié par Boubacar Ndong. Les gendarmes de Hann ont cherché à mettre la main sur lui. C’est ainsi qu’ils lui ont fait croire qu’ils détenaient une importante commission qui lui est destinée. Sur ce, Ndong s’est présenté au lieu du rendez-vous fixé par les pandores. Il a été arrêté et conduit à la Brigade. Entendu, il a blanchi son ami qui a été libéré. Avisé de son arrestation, je me suis rendu auxdits lieux en compagnie de trois (3) de mes cousins. Arrivés sur place, nous avons constaté qu’il ne portait qu’une culotte certainement en raison de la chaleur. Ce qui est par contre troublant à nos yeux, c’est au moment où nous discutions avec le gendarme, un de ses collègues est venu proférer des menaces des menaces à l’encontre de Boubacar. Il lui a textuellement dit : « Si jamais je te trouve là-bas, tu vas voir». A cette menace, est venu s’ajouter un autre fait tout aussi intrigant, vers 18h30, lorsque nous quittions les lieux, nous avons entendu des cris stridents qui nous ont fait frissonner. Le jour prévu pour son déferrement au Parquet, nous nous sommes rendus au Tribunal. Alors qu’on s’attendait à ce qu’il soit entendu par le Substitut du Procureur en charge de son dossier, nous avons été orientés vers la Brigade prévôtale. C’est là qu’on nous a annoncé la mort par pendaison de Boubacar ».
 
Les proches qui entendent user de tous les moyens pour que lumière soit faite, s’interrogent sur les zones d’ombre à savoir «pourquoi le véhicule a été restitué à son propriétaire dans les locaux de la gendarmerie alors qu’il devait être mis sous scellé et mis à la disposition du Procureur». Ce, d’autant plus que «dans le rapport d’autopsie, le légiste conclut à une mort par suicide alors que ne serait-ce que pour des questions de déontologie, il devait expliquer les causes exactes du décès». Déjà le Forum civil qui s’est approprié de l’affaire, va mettre à contribution deux médecins légistes marocains pour procéder à une contre-autopsie après exhumation du corps, renseigne Mouhamed Ndiongue qui annonce qu’une plainte sera par ailleurs déposée contre l’Etat du Sénégal qui a ratifié toutes les conventions relatives à la protection des droits humains. 


Vendredi 20 Novembre 2015 - 10:20



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter