Dégâts collatéraux du cas importé d’Ebola : L’oncle de Mamadou A. Diallo ferme boutique, son cousin renvoyé

Bien que Mamadou A. Diallo du nom du cas importé d’Ebola en août dernier au Sénégal, a été déclaré guéri, sa famille vit un véritable calvaire. Son oncle a dû ferme boutique. Au moment où son cousin, lui a été renvoyé de son travail. Ils demandent de l’aide au ministre de la Santé et de l’Action sociale, Eva Marie Coll Seck qui était en visite hier aux Parcelles Assainies (PA) unité 7 où le cas importé résidait avant son admission au service des maladies infectieuses du Centre National Hospitalier Universitaire (CHU) de Fann.



Dégâts collatéraux du cas importé d’Ebola : L’oncle de Mamadou A. Diallo ferme boutique, son cousin renvoyé
Ils en ont fait part à Eva Marie Coll Seck en charge de la Santé. Eux, ce sont les parents de cas importé d’Ebola au Sénégal. « Nous sommes contents de vous accueillir ici, madame le ministre. Nous sommes également rassurés. Mo neveu est rentré au pays et on se porte très bien. Personne n’est malade », entame Alsény Diallo, oncle de Mamadou A. Diallo. Ce, avant d’exposer ses soucis. « Madame le ministre, ma boutique est fermée depuis la découverte du virus Ebola chez mon neveu. C’est ma seule source de revenus et je suis soutien de famille. Tout le monde me fuit ».


L’oncle de présenter son autre neveu qui lui aussi a été « renvoyé de son travail » alors qu’il « aidait à nourrir la famille surtout pour payer la location ». Mécanicien de profession, le cousin de Mamadou Diallo précise : « Mon patron m’a renvoyé parce qu’il pense que j’ai l’Ebola et que je peux le contaminer. Depuis, je ne travaille plus ». Autres personnes qui font les frais de leur contact avec le cas importé, c’est le personnel médical. C’était toujours hier lors de la visite du ministre de la Santé qui a suivi le circuit de Mamadou A. Diallo, allant du district de Nabil Choucair au poste de santé de l’Unité 9 des PA et le domicile de la famille Diallo à l’unité 7 et le service des maladies infectieuses du CHU de Fann.


Chef de poste du centre de santé de l’Unité 9, Yacine Ndiaye revient sur le calvaire vécu par le personnel durant les 21 jours de confinement. « Ils ont vécu des moments difficiles. Je les appelais donc chaque jour pour les calmer. Certains ne voulaient même pas que les équipes de supervision viennent les prendre de peur d’être indexés dans le quartier ». « Dans ma famille, on me fuyait comme la peste. C’était très difficile parce qu’ils craignaient une contamination. On nous appelle Ebola», témoigne Fama Dieye. « C’était vraiment dur », confie Ndeye Khoudia Ndiaye. Dans tous les cas, assure « l’As », une cellule de suivi psychologique est mise en place. Dirigée par le Pr Aïda Sylla Ndiaye, psychiatre à Fann et chef de division de la santé mentale à Fann, il s’agit de leur apporter un « soutien psychologique » car « Ebola est une angoisse qu’il faut juguler avant qu’elle ne soit une panique. C’est une situation assez difficile parce que ce sont des personnes qui peuvent penser à la mort ». 


Au domicile de la famille de Mamadou A. Diallo, Eva Marie Coll Seck a proposé de rendre elle-même dans la boutique de l'oncle pour amener les habitants du quartier a en faire autant. Ce, au moment où l'un des membres de la famille avouera avoir coupé les ponts avec ses amis car n'aimant pas que ces derniers le fuient durant toute cette période. 


Samedi 27 Septembre 2014 - 11:23



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