Des pouvoirs multiples et contradictoires dans un petit pays



Des pouvoirs multiples et contradictoires dans un petit pays
Montesquieu s’est résolument trompé sur le cas Sénégal !

Dans son ouvrage intitulé « De l’esprit des lois », l’auteur montre la nécessité de séparer les pouvoirs des mains d’un seul individu pour ne pas en faire un tyran.

Heureusement, sur la planète Sénégal, les pouvoirs en jeu dans une absence d’harmonie haletante, sont de loin supérieurs aux trois (3) classiques que brandissent les victimes de la fausse démocratie. Autant le dire, la démocratie est une utopie, le pire des systèmes que les occidentaux utilisent pour pérenniser l’impérialisme et dominer les masses.

Le Sénégal est géré par un septuor assez original et mal hiérarchisé. Au sommet se trouve le pouvoir Extérieur. En effet, les économies faibles, grands mendiants et débiteurs éternels, vivent sous la dictée de leurs suzerains hors du territoire. Ce sont la plupart les anciens colons, qui ont réussi avec dextérité à maintenir sous leurs coupoles les pays indépendamment dépendants. Le monde est devenu un échiquier géant avec des jeux de forces qui s’exercent entre entité faussant la souveraineté. Le pouvoir Monétaire est le second, et il est devenu le maitre suprême adulé à l’intérieur de nos frontières. Le hold-up institutionnel perpétré par la BCEAO depuis 2010, a consacré l’indépendance de notre banque, qui n’est centrale que de nom, face aux gouvernements. Le CPM a remplacé le Conseil des ministres de l’UEMOA dans la conduite de la politique monétaire de l’Union. Ni le parlement, ni le gouvernement ne peuvent influer sur ce qui était censé nous appartenir : la monnaie. Le troisième est tel la langue d’Esope, capable du meilleur comme du pire, c’est le pouvoir Religieux. Depuis la période coloniale, ce pouvoir a coexisté avec le temporel dans la prise de décision.

Aujourd’hui c’est beaucoup plus un instrument au service des politiques, habitué à la transhumance pour la conservation des avantages qui sont devenus hélas des acquis. Majoritairement des mafieux utilisent la religion pour se faire, même si des sentinelles et acteurs sociaux en voie d’extinction demeurent au service de la cité. Ensuite viennent nos pouvoirs traditionnels, qui en principe ne doivent pas être séparé pour une meilleure synergie de l’action publique. Le pouvoir Exécutif qui devait être au service de la communauté en exécutant ses volontés, se retrouve par la petitesse de ceux qui l’incarnent être le bourreau du peuple. Un pouvoir en otage entre les trois (3) premiers et à la merci de grands despotes et traîtres qui servent majoritairement leurs maîtres des loges mieux que leurs électeurs qui les ont mandaté.

C’est le pouvoir qu’il urge de réformer pour protéger les populations des excès de leurs dirigeants et des ambitions de conservation illégitimes ou illégales qui font monnaie courante dans les ex colonies franco-portugaises. Le pouvoir qui devait être le pivot de la bonne gestion de la Cité et qui, malheureusement n’est qu’un ersatz des prérogatives étendues du Président de la république, est bien le pouvoir Législatif. Régner c’est légiférer dit-on souvent. Ici, nous avons le malheur d’avoir des pions au service d’un parti ou représentant une localité. Des parlementaires illettrés, n’ayant pas de compétences solides dans la gestion publique ont en outre la lourde tâche de contrôler l’action du gouvernement. Une institution où les intérêts partisans, de ses élus, ont eu le dessus depuis belle lurette sur le bénéfice national. Ce pouvoir doit être au cœur de la Nouvelle Gestion Publique NGP tant vantée par les théoriciens d’états. Réformer ce pouvoir en deux (2) chambres : l’Assemblée nationale et le Conseil Supérieur du Culte garantira plus d’harmonie dans ce pays où les religions sont sources de stabilité et constituent une richesse culturelle et historique. Le garant des libertés en dernier ressort, qui est l’arbitre ayant la charge de trancher tout litige est bien le pouvoir Judicaire qui ne manque au besoin d’interpréter la volonté du législateur. Ce pouvoir réclame son indépendance devant les nombreuses exactions du gouvernement et la gestion des carrières entre les mains du double Président du HCM et de la République.

Une justice malade traitant des citoyens simples et des seigneurs (riches, marabouts et proches du Président) avec des mesures différentes comme pour nous rappeler que « summum jus, summa injuria ». Le dernier de par la faiblesse des armes en sa possession après les suffrages, qui par ailleurs reste le plus grand des pouvoirs pour la gestion de la Cité est le pouvoir du Peuple. En effet, le peuple a été manipulé à travers les révolutions sous l’utopie mensongère de la démocratie. Dans les faits, le peuple demeure à la merci de ces pouvoirs qui semblent œuvrer contre lui.

Le peuple, contrairement aux autres pouvoirs homogènes et organisés, est en morceaux et l’ignorance face aux mercenaires du Mal, le désarme davantage. Parmi les divers organisations qui la composent et parlent en son nom, les Sociétés secrètes ont bien plus de pouvoir. Aujourd’hui plus de la moitié de ceux qui incarnent les autres pouvoirs, appartiennent à des loges maçonniques, et servent les intérêts de ces dernières bien avant le peuple.

A s’y pencher de plus près, ces pouvoirs sont interdépendants pour une marche efficiente des affaires publiques. Coordonner les forces en jeu dans l’état reste une priorité en réduisant l’action extérieure qui est source de déstabilisation et de violation des réalités socioculturelles. Le drame chez nous est qu’il y a concentration et cumul de pouvoirs entre les mains de quelques hommes.

L’heure est à la réforme du système démocratique qui a exclu le « démos » par une représentation oligarchique servant moins de 1% de la population et une tendance au cosmopolitisme qui faussent toute la théorie des écrivains classiques.

Malgré un accroissement des aménagements de la prise de décision au niveau interne par la décentralisation, qui est une forme de pouvoir distincte du septuor déjà identifié, c’est encore des politiques qui l’exercent majoritairement.

Ces réalités qui ne font plus de doute de nos jours, il serait légitime de réfléchir sur la problématique du pouvoir et son exercice dans les états en construction. Comme disait Marc de Lacharrière, « les politiques ne sont que des fondés de pouvoir, le vrai pouvoir est bien derrière ! ».

Une réforme profonde urge pour faire de ce pays un terreau de prospérité et un havre de paix. Cette réforme commencera par déconstruire tout le système hérité du colon et les théories importées de l’extérieur qui ne prennent pas en considération nos réalités historico-culturelles.

Le Sénégal est riche en histoire et l’organiser n’est guère difficile si les ruptures idoines sont portées.
Rendons le Sénégal aux sénégalais.
Dafa_leeeeer.

M. Oumar DIAGNE
Expert financier/spécialiste finance islamique
PDG Zafir Consulting S.A- Membre de la FCAA
SG du Rassemblement pour la Vérité (RV)


Vendredi 10 Mars 2017 - 11:28



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