Désengorgement du rond point Liberté 6: habitants et ex-occupants en désaccord

Le rond point de Liberté 6 change de visage. Il a été débarrassé des étals, tables et cantines qui offraient un décor lugubre. Si les riverains s’en félicitent parce que le rond point est devenu aéré et salubre, les anciens occupants se plaignent parce qu’ils payent les taxes journalières. Ils n’ont pas, par ailleurs, manqué de se poser des questions sur les chantiers en cours initiés par le maire de la ville de Dakar.



Les marchands du rond point liberté 6 en colère contre la mairie
Les marchands du rond point liberté 6 en colère contre la mairie
Le Rond point Liberté 6 est devenu un boulevard dégagé. Les accès et les trottoirs sont libérés des étals, tables, cantines, ses gargotes et ateliers qui obstruaient cet axe. Une clôture faite de fils rouge et orange d’une petite épaisseur indique que l’accès est interdit dans certains endroits. Selon des mécaniciens rencontrés sur place, «ce sont des travaux initiés par la mairie de Dakar dans le cadre de son programme de désengorgement de la ville». Avant d’embrayer : «on ne sait même pas ce qu’elle va construire».

Jadis bruyant, cet espace abritait plusieurs gargotes qui faisaient le bonheur des passagers et des travailleurs des environs. En plus des vendeurs de chaussures, de mangues, de vaisselles et de produits cosmétiques qui occupaient les lieux la journée, c’étaient les vendeurs de poissons qui prenaient la relève dans l’après-midi.

De l’avis de Mamadou Ndiaye, habitant de la localité rencontré à l’arrêt bus, «le rond point de Liberté 6 était devenu impraticable. Les gens avaient installé des gargotes et des étals de marchandises de manière anarchique sur l’espace public». En plus ajoute-t-il, «ils laissaient leurs ordures un peu partout, alors que certains déversaient leurs eaux souillées ou des mangues pourries sur place ce qui attirait une meute de mouches».

Cependant, cette opération de désengorgement n’a pas fait que des heureux. «Les gens exerçaient des activités économiques lucratives et faisait le bonheur des collecteurs d’impôts car tous ceux qui vendaient ici payaient les taxes communales», peste El Hadji Sarr, laveur de voiture.

Même son de cloche pour ce vendeur ambulant de cartes de recharge de crédit téléphonique. Vêtu d’un maillot marseillais bleu, le jeune Abdou qui prend certainement une pose à côté de la station d’essence est parmi ceux-là qui souffrent de la disparition inopinée des gargotes. Il explique : «après des heures de marche, sous le chaud soleil, je m’arrêtais devant ces restaurants à bon prix pour me payer un repas copieux à 300F Cfa seulement».

Ce n’est pas la première fois que la mairie de Dakar fait ce genre de descente, estiment des chauffeurs de Taxis Clandestins, communément appelés «clandos», qui font la navette entre Liberté 6, Sacré cœur et Jet d’eau. Ils disent être souvent victimes de ces déguerpissements parce que l’espace est vendu à des hommes d’affaires.

Ndèye Maty Diagne

Dimanche 16 Août 2009 - 17:51




1.Posté par naomed le 17/08/2009 07:29
comprendrons jamais rien... la rue ce n'est pas le village !

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