Dialogue inclusif inter-maliens d’Alger: L’Onu tape du poing sur la table

Les Maliens sont priés de “reprendre sans tarder les négociations”. L’Onu menace “d’imposer des sanctions ciblées, à l’encontre de ceux qui reprennent les hostilités et violent le cessez-le-feu.” Selon nos informations, le cinquième round des discussions d’Alger pourrait débuter après demain mercredi.



L’escalade de la violence dans les régions du nord Mali exaspère le Conseil de Sécurité de l’Onu. Vendredi dernier, 06 février 2015, l’organisation internationale est sortie de ses gonds et a tapé du poing sur la table à travers une déclaration unanime.

 “Le Gouvernement et les groupes armés signataires de l’Accord préliminaire de Ouagadougou ou y ont adhéré” doivent “reprendre sans tarder les négociations intermaliennes entamées à Alger”, déclare le Conseil de Sécurité. Aussi “engage” t-il “vivement les parties maliennes à dialoguer par l’intermédiaire de représentants de haut niveau et disposant de l’autorité voulue en vue de parvenir, dans les plus brefs délais, à un accord de paix global et sans exclusive”. Le Conseil de Sécurité exige des parties maliennes “un esprit de compromis et en toute bonne foi”, “un dialogue de fond”  et des “concessions qui s’imposent, dans le respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’État malien.”

Cette déclaration du Conseil de Sécurité tombe à un momnt où, nous l’avons dit plus haut, l’on assiste à une escalade de la violence dans le nord du Mali entre différents groupes rebelles. En effet, depuis plusieurs semaines les alliés du Mnla, groupe séparatiste, et ceux du Gatia, mouvement partisan de “la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’État malien”, s’affrontent autour de la localité de Tabankort (à environ 200 km de Gao) dont le contrôle revêt un caractère stratégique pour chaque camp. Ces affrontements ont fait plusieurs dizaines de morts et des dégâts matériels importants.

En fin janvier 2015, une initiative de la mission de l’Onu au Mali, la Minusma, pour faire partir les groupes armés de Tabankort a suscité une vague de protestation à Kidal, où les soldats de l’Onu ont été chassés de l’aéroport, et à Gao, où le camp des casques bleus a été pris d’assaut deux jours successifs par des populations en colère. Au moins trois manifestants furent tués.

VERS DES SANCTIONS CIBLÉES

En plus de Tabankort d’autres localités du nord du Mali (à Kidal), du centre, par exemple Tenenkou (région de Mopti), de l’ouest, Namapala (région de Kayes, à la frontière avec la Mauritanie), sont l’objet d’attaques quotidiennes par des groupes armés.

Dans sa déclaration du vendredi dernier, le Conseil de sécurité a appelé le Gouvernement et les groupes armés “à s’abstenir de tout acte, direct ou indirect, qui compromettrait les perspectives de paix”, à mettre “immédiatement fin à tous actes d’hostilité et” à rejeter “la violence”, à “respecter pleinement l’accord de cessez-le-feu signé le 23 mai 2014 et la déclaration sur la cessation des hostilités signée à Alger le 24 juillet 2014”, “à mettre rapidement en œuvre, avec l’appui de la Minusma et en étroite coopération avec elle, toutes les mesures de confiance adoptées, notamment le mécanisme visant à faciliter l’application du cessez-le-feu figurant dans la déclaration de cessation des hostilités.”

Pour obtenir le respect de cet appel, le Conseil de Sécurité “envisage de prendre les mesures appropriées, y compris d’imposer des sanctions ciblées, à l’encontre de ceux qui reprennent les hostilités et violent le cessez-le-feu.”. Aussi souligne t-il à l’attention de toutes les parties “que les attaques visant les forces de maintien de la paix peuvent constituer des crimes de guerre au regard du droit international” et que la Minusma est “autorisée à user, dans la limite de ses capacités et de ses zones de déploiement, de tous les moyens nécessaires”  pour: “écarter les menaces”, “empêcher le retour d’éléments armés”, “assurer la protection des civils vivant sous la menace imminente de violences physiques” et “riposter aux attaques dirigées contre son personnel, ses installations et son matériel.”
 

Malijet.com

Lundi 9 Février 2015 - 16:41



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