"Difficultés des réfugiés et des demandeurs d’asile au Sénégal", (IRRI)



À l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés, célébrée le 20 juin, International Refugee Rights Initiative (IRRI) tient à attirer l’attention du gouvernement et de l’opinion publique nationale et internationale sur la problématique de l’asile au Sénégal.

Le Sénégal ayant ratifié la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés ainsi que celle de l’OUA de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique, accueille «14 274 réfugiés et 2 914 demandeurs d’asile de diverses nationalités», selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés. Et, «beaucoup de réfugiés choisissent le Sénégal en raison de sa stabilité politique et  de sa démocratie».

«Il est important de signaler que beaucoup de failles sont notées dans le système d’asile Sénégalais. Il se trouve qu’au Sénégal les demandeurs d’asile et les réfugiés sont confrontés à d’énormes difficultés surtout liées à la procédure d’asile. De sérieuses lacunes administratives et procédurales empêchent ceux qui ont besoin de protection d'en bénéficier. La Commission Nationale d’Eligibilité est extrêmement lente dans le traitement des dossiers, laissant certains demandeurs d’asile attendre près de trois (3) ans avant de recevoir une décision. Et pendant toute cette période d’attente, le requérant d’asile ne bénéficie généralement pas d’une assistance. Ce retard injustifié exacerbe énormément la situation des demandeurs d'asile, pourtant déjà vulnérables.Au Togo les demandes d’asile sont traitées en six (6) mois», relève IRRI.
 
Selon l’organisation, «une législation qui fixerait un délai pour le traitement des demandes d’asile, serait une étape décisive pour lutter contre cette situation» dans la mesure où «les demandeurs d'asile n’ont souvent pas accès à l'aide humanitaire jusqu'à ce qu'ils soient reconnus comme étant réfugiés. Contrairement à l’Ouganda qui est largement reconnu pour ses politiques progressistes et avant-gardistes concernant les questions de réfugiés et d’asile. Dès l’octroi de leur statut de réfugié, ils se voient allouer de petits terrains dans les villages et cohabitent avec les populations d’accueil. En outre, le Sénégal n’a pas prévu de centre d’accueil pour les demandeurs les plus vulnérables tels que les femmes enceintes, les enfants non accompagnés et les personnes âgées».

«Il se trouve aussi que le système d’asile sénégalais n’a pas prévu une instance de deuxième degré pour faire appel. Ce sont les membres de la Commission qui étudient les demandes d’asile en première instance et les recours. Beaucoup de réfugiés ont des difficultés pour obtenir une carte d’identité de réfugié et un titre de voyage. Et ceux qui obtiennent ce document d'identité sont confrontés à d'autres obstacles. En effet, ces cartes ne sont pas reconnues par certains établissements publics et privés. Une nouvelle législation clarifiant les procédures pour l'obtention de tels documents serait une étape cruciale dans la lutte pour l'amélioration des conditions de ces personnes. Par conséquent, l'Etat devrait mener des campagnes de sensibilisation afin que tous les fonctionnaires concernés reconnaissent et acceptent les documents de réfugiés», déplore IRRI qui rappelle que «le réfugié quitte son pays parce qu’il y est contraint en raison des conflits armés, des guerres,  des violations massives des droits de l’homme, de la persécution, etc. Il y laisse tout et se retrouve projeté dans un avenir incertain, dans un environnement étranger. C'est effectivement cette situation qui justifie sa vulnérabilité».
 
Ainsi, «pour mieux prendre en charge la problématique des réfugiés, certains pays mettent en œuvre des mesures concrètes. Le Togo, par exemple, a récemment amélioré sa législation nationale sur cette problématique, en créant une commission de recours qui donne une seconde chance aux demandeurs d’asile en cas de rejet en première instance par la Commission qui détermine l’asile», formule IRRI qui, «pour une meilleure prise en charge des réfugiés et des demandeurs d’asile», recommande «vivement le gouvernement sénégalais à réexaminer sa législation nationale afin de remédier aux faiblesses de son système d’asile. Et d’accorder encore plus d’attention à la situation des réfugiés et demandeurs d’asile vivant sur sol». 


Lundi 19 Juin 2017 - 20:38



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