Direct procès Habré : des victimes montrent les « stigmates » de la répression

Suspendue depuis mercredi dernier en raison de la célébration de l’Aïd El Kébir, l’audience du précès d’Hissein Habré a repris ce lunid matin. Après les experts et les témoins de contexte, les victimes sont à l’honneur. Ahmat Maki Outman et Garba Akhaye racontent le calvaire qu’ils ont subi. Ils n’ont pas manqué de montrer les traces des sévices. Me Mounir Ballal, avocat commis d’office pour assurer la défense de l’accusé, parle de «scarifications traditionnelles».



L’audience de ce lundi a, en effet, commencé par l’audition d’Ahmat Maki Outman. Le témoin et victime est invité par la partie civile notamment Me Assane Dioma Ndiaye à raconter le « genre de tortures » qu’il a subi. Le Tchadien préfère montrer ses «cicatrices». Mais il est rappelé à l’ordre par le président Kam qui veut qu’on en finisse d’abord avec les interrogatoires. Le témoin se contente de raconter son calvaire. Ahmat Maki Outman indique dès lors que ces tortionnaires ont utilisé «une chicotte faite en fil électrique». A la fin de son audition, il se rapproche des juges puis de la partie civile et enfin de la défense pour montrer son dos. La défense à l’instar de Me Mounir Ballal précise qu’il peut bien s’agir de «scarifications traditionnelles» autrement dit rites liés à la peau.

 
«Je ne peux en aucun cas mentir. De toute façon, cela n’engage que ceux qui parlent de scarifications traditionnelles », assène le témoin qui sera très vite recadré par le juge : « Monsieur le témoin, on n’attaque pas personnellement qui que ce soit… ». Ce dernier remercié, Garba Akhaye est à la barre. Agé entre 75 et 76 ans selon ses propres termes, il est en même tant plaignant et témoin et de la partie civile, il ne prête pas serment. Le cultivateur indique qu’il « a été arrêté le 11 juin 1986 à minuit ». C’est ainsi qu’il «a été conduit à Ndjaména puis à la DDS (Direction de la Documentation et de la Sécurité). Il a été par la suite amené à la BSIR (Brigade Spéciale d’Intervention Rapide) où dit-il on lui a posé des questions concernant des vaches.


«J’ai dit que je suis cultivateur et je ne sais rien de ce qu’ils disent», assure Garba Akhaye. «Il m’a dit la vérité ou tu ne vas pas sortir d’ici », sert le témoin qui répète : «Je ne sais rien». «Quand j’ai dit cela, un militaire m’a frappé avec son fusil puis m’a  donné un coup de pied », explique le témoin. A l’en croire, son calvaire ne faisait que commencer puisque développe-t-il: «Ils m’ont mis par terre et m’ont attaché les bras et les pieds. Ils avaient des chicottes et tous les deux me frappaient ». Tout comme Ahmat Maki Outman, Garba Akhaye montre les « dommages corporels » qu’il a au dos et au bras. 


Lundi 28 Septembre 2015 - 11:56



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