Direct procès Habré: l’ancien ambassadeur, Jean B. Alingué enfonce l’accusé (mis à jour)



Direct procès Habré: l’ancien ambassadeur, Jean B. Alingué enfonce l’accusé (mis à jour)
Ballame Faustin Facho, ancien Secrétaire d'Etat au Plan, remercié à 15h26, place au second témoin dans le cadre du procès d’Hissein Habré. Jean B. Alingué, administrateur civil retraité, se présente au prétoire à 15h54. Ce, après une pause de vingt (20) minutes. «Je suis un parent de quelques victimes que sont mon cousin germain, un commissaire de police qui a été assassiné le 15 août 1983 et un de mes neveux assassiné aussi. J’ai pas mal de proches qui sont victimes», déclare le témoin. Ce qui n’empêche pas la Chambre de l’entendre sous serment, selon les propres termes du président Gustave Kam.

En fonction comme ambassadeur du Tchad de 1974 à 1976 aux Etats Unis, de 1976 à 1980 en France, Jean B. Alingué dit avoir quitté ses fonctions pour «rester en exil en France » car souligne le témoin, le Tchad était en situation de guerre notamment avec la guerre civile de 1979 qui «a été un coup fatal». «Nous avons mis en place le front Démocratique du Tchad en 1985 et on a eu à négocier avec le président Hissein Habré avant de rentrer au Tchad en 1986… ». En tant que président de l’Assemblée nationale, Jean Bawoyeu Alingué précise qu’il n’était pas suffisamment en contact avec le président Habré pour parler des exactions commises. «Ces activités relèvent de la rumeur», marque l’ancien l’administrateur civil à la retraite. Mais «on ne peut pas dire qu’il n’est pas au courant », renchérit-il par ailleurs. Ses rencontres avec Habré tournaient autour du «problème de rédaction de la Constitution », assure le témoin. 


Interrogé par la partie civile, Jean Bawoyeu Alingué ne veut pas entendre parler de «ralliement» vers le pouvoir d’Habré. «Ce n’était pas notre objectif », scande-t-il en martelant qu’ «après qu’ils ont signé de réconciliation, il s’agissait de se surpasser pour leurs compatriotes dans la mesure où «dans ma région, il y avait eu des exactions atroces, ce qui nous a amené à nous surpassé pour la réconciliation dans le cadre de cet accord sur certains principes», enchaîne l’ancien président de l’Assemblée nationale qui précise que «certains membres du groupe ne sont plus de ce monde, d’autres en exil… ». Malgré cet accord, «les exactions n’ont pas cessé et la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS) continuait ses actions », affirme Jean Bawoyeu Alingué. Le témoin de poursuivre qu’il «était en exil lorsque ces exactions ont commencé». 
 


Jeudi 10 Septembre 2015 - 16:24



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter