Direct procès Habré: les avocats commis d'office cuisinent le témoin (mis à jour)



C’est un véritable dialogue de sourds entre les avocats commis d’office et le témoin qui n’est autre que le président de la commission d’enquête sur les crimes et détournements commis par Habré. Me Ballal commis d’office pour assurer la défense de l’accusé, tente de démonter le rapport de Mahamad Hassan Abakar. Ledit rapport parle de pas moins de 40.000 morts sous Hissein Habré.«Pensez-vous que votre méthode soit scientifique ? » pose la robe noire en insistant sur les «on m’a dit». Mohamed Hassan Abakar d’indiquer qu’« (ils ont) relevé qu’en moyenne, cinq (5) personnes meurent par jour et par centre de détention sur six (6) centres ». C’est ainsi que multipliés, ces chiffres donnent trente (30). «Nous avons ramené ce nombre à treize (13) parce que nous trouvions que trente (30) étaient exorbitants».
 

La documentation trouvée dans les bureaux de la DDS (Direction pour la Documentation et la Sécurité), est édifiante, souligne le témoin. Interpellé sur la situation actuelle du Tchad sous Idriss Déby, le magistrat lâche que «le Tchad n’a pas cette stabilité souhaitée ». «Nous aurions souhaité mieux, sert-il. Prenant la parole, Me Mbaye Sène veut des «preuves palpables» sur les accusations du témoin clé qui assure que la DDS (Direction pour la Documentation et la Sécurité) était contrôlée par le président Habré. Ce, alors que souligne l’avocat commis d’office, «un décret signé en des termes très clairs, dit que la DDS est placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité ».
 

«J’ai le décret devant moi et c’est vrai que par délégation permanente du président de la République, la DDS est sous la tutelle du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité», confirme Mahamad Hassan Abakar. Mais, poursuit-il, c’est Habré lui-même qui procédait aux nominations des Directeurs et autres membres de la DDS. La vérification est le véritable problème de la commission d'enquête, martèle Me Sène. Ce, d'autant plus, scande la robe noire, en tant que Procureur, Mahamad Hassan Abakar aurait pu intervenir lors desdits massacres et exactions entre 1982 et 1990. "J'ai accompli ma mission à mon âme et conscience", lance le témoin.  Il faut dire que ce dernier n’en peut plus puisqu’ affirmera-t-il : «J’ai beaucoup parlé depuis deux (2) jours ». « Vous avez aussi beaucoup écrit », ironisera Me Ballal. Suspendue, l'audience reprend demain à 09 heures avec un autre témoin. 


Mercredi 16 Septembre 2015 - 17:21



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