Direct procès Habré: vers la confrontation entre un ancien agent de la DDS et d'une victime



La requête est formulée par les avocats commis d’office par les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE). Ce, pour défendre les intérêts de l’ancien président du Tchad, Hissein Habré. Me Mbaye Sène qui a formulé ladite demande, est à l’écoute du président Gustave Kam et ses assesseurs. Ancien agent à la fameuse DDS (Direction de la Documentation et de la Sécurité), Bandjim Bandoum est à la barre depuis hier. Tandis que Ginette Ngarbaye présentée comme une victime des exactions de l’ancien homme fort de N’djaména, est attendue dans les prochains jours.
 

A ce propos, Me Mbaye Sène qui démarre ce mercredi matin l’audition de Bandjim Bandoum pour le compte de la défense, demande à ce que ce dernier ne soit pas remercié et qu’il reste à Dakar. S’adressant en ces termes au président Kam, la robe noire dit: «Vous avez l’habitude après l’audition des témoins de les remercier et les renvoyer chez eux » mais «pour le cas de M. Bandjim Bandoum, la défense souhaiterait qu’il reste pour sa confrontation avec Ginette Ngarbaye. C’est une question très importante,… ». La décision revient à la chambre. Entamant sa série de questions, l’avocat s’intéresse à la «fonction exacte » de Bandjim Bandoum. Selon lui, le témoin s’est présenté comme un gestionnaire d’immeuble alors que dans un film documentaire, il a déclaré être gardien. Bandjim Bandoum réplique qu’il est «superviseur d’immeuble » car recruté en 1999, il était gardien et entre temps sa fonction a évolué. Devenu gestionnaire, il forme les gardiens, veille sur le site et supervise les agents. «C’est l’appellation technique de superviseur», sert Bandjim Bandoum.   


«Vous avez l’intention de contester sa qualité professionnelle», intervient le président Kam. «Non, je ne fais pas d’enquête de personnalité », réplique la robe noire qui rebondit sur le «pouvoir de nomination des agents de la DDS par le président de la République ». Sur ce point, Me Mbaye Sène veut savoir si «ce pouvoir appartient exclusivement au président ou s’il y a d’autres personnes». «Pour les chefs de service centraux, on les nomme par décret présidentiel », indique le témoin en précisant que le Directeur de la DDS peut nommer le reste du personnel. Mais Bandjim Bandoum est formel : «Il y a un contact permanent entre le Directeur et le président de la République». S’agissant du cas de Ginette Ngarbaye, l’ancien agent de la DDS, déclare qu’elle a été torturée mais pas par lui.   Me Mbaye Sène doute de la crédibilité du témoin. Ce, d’autant plus que formule-t-il : « le témoin a déjà dit qu’il n’avait jamais assisté à des scènes de tortures. Bandjim Bandoum campe sur sa position : «Je n’ai pas torturée Ginette». 


Mercredi 23 Septembre 2015 - 11:51



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