Direct procès: Karim de retour sous les acclamations; la défense donne le ton (mis à jour)



C'est devenu un rituel. A 13 mn de la reprise de l'audience, Karim est de retour dans la salle 4. Comme s'ils s'étaient donnés le mot, le public de se lever comme un seul homme pour l'applaudir et scander: "Président, président". 


Des acclamations qui ne laissent pas Wade-fils tout de blanc vêtu, indifférent. Le sourire toujours en bandoulière, Karim de lever les bras. Devant sa mère, Viviane Wade qui arbore les couleurs vert, jaune et rouge du drapeau national, au poignet. 


Les magistrats pour le moment absent. Me Souleymane Ndéné Ndiaye, Alioune Badara Cissé de la défense sont, eux bien présents. en 15h02, entrée de la Cour qui redonne la parole à la défense. Mais sans interpellation de la partie civile qui demande à la partie adverse de bien vouloir avant tout dépôt devant la Cour de bien vouloir en faire part, ne serait que par respect. 


La défense de rétorquer qu’ils ont été privés des outils qui sont les leurs, ils ont été comme mutilés de leurs armes car n’ayant même pas pu lors du placement sous mandat de dépôt, déposer un recours. Le ton est donc donné. Me Ciré Clédor LY fait son entrée à 15h 15 mn. La partie civile évoque les conclusions déposées en première heure par les avocats de la défense, développées par ailleurs par Me Baboucar Cissé qui réclament entre autres l’annulation de la désignation de l’administration provisoire qui « n’est même pas prévue par la loi de la CREI », l’annulation des interrogatoires et confrontations auxquels Bibo Bourgi a été soumis de manière infernale entre le 1er et le 9 avril. En plus de la perquisition en violation de l’article 87, le 8 juillet 2013 dans l’une des sociétés imputée au témoin-clé dans le cadre du procès Karim Wade. 


La défense s’en donne à cœur joie. Ceci, pour se demander sur quel critère Abdoulaye Sylla a été choisi à Add Value Finance en charge de l’administration provisoire de AHS. Une société par ailleurs créée au moment où Karim et Cie étaient en garde-à-vue ». Et qui parle de pas moins de 45 milliards de F CFA dans ledit dossier. Mais « la cerise sur le gâteau, son actionnaire unique est une société offshore : Iveria Investissements basé aux Iles Vierge et administrée par un avocat de Monaco », ironise la défense qui par la voix de Me Corinne Dreyfus par ailleurs Présidente des avocats pénalistes de France qui ne demande rien de moins que l’annulation. Applaudissements du public. 


Abordant la deuxième inculpation de Karim Wade, « on ne poursuit pas deux fois une même personne pour les mêmes faits, cela ne se fait pas », sert la défense qui invoque l’article 166 du code de procédure pénale pour plaider l’annulation du placement sous mandat de dépôt afin de « mettre un terme au supplice de Karim et Cie » car « il n’est pas trop tard pour bien faire ». A noter également le retour dans la salle de Serigne Mbacké Ndiaye qui de jaune vêtu le matin, revient en gris l'après-midi. Au moment où certains dans le public, dorment. « Karim Wade est en détention non pas du fait de la loi mais du fait d’une volonté politique », dixit Me Alioune Badara Cissé dit ABC qui défend Alioune Samba Diassé, présumé complice de Karim, qui dit-il s’est fait tout seul, a créé ABS parmi les sociétés au cœur de ladite procédure mais qui, aujourd’hui, est en train d’être spoliée et dont les avoirs pour une société qui réduit le chômage, sont en train d’être spoliés. 


Me Demba Ciré Bathily qui attaque, à la suite d'ABC de dire pour sa part, "Nous avons tous peur de vous, M. le Procureur spécial" compte tenu du fait que nul ne connait la limite des prérogatives de ce dernier. Alioune Ndao ne manque pas de pointer du doigt le conseil de Karim comme pour dire, "moi aussi, j'ai peur de vous".  Dans le cadre de cette affaire, tout repose sur des violations même la phase policière est nulle. 


Mercredi 20 Août 2014 - 16:47



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