«Discours sur l'état de l'Union» : Obama déclare la guerre aux inégalités



Barack Obama pourrait passer outre l'accord du Congrès pour réduire les inégalités et donner un coup d'accélérateur à la croissance, deux ambitions qu'il s'est fixées pour 2014. Lors de son discours annuel sur l'état de l'Union mardi soir, il a dit sa «hâte» de travailler avec  la Chambre des représentants et le Sénat.
 
 «Mais les Etats-Unis ne restent pas immobiles, et moi non plus. Donc, quand je pourrai prendre des mesures sans passer par la voie législative pour améliorer les chances pour davantage de familles américaines, c'est ce que je ferai», a-t-il martelé.
Une fois par an, le président des Etats-Unis présente son programme pour l'année en cours, devant ses ministres, 435 représentants, 100 sénateurs, les neuf juges de la Cour suprême et les chefs de l'armée. Comme de coutume, un ministre n'a pas assisté au discours, afin de pouvoir assurer la continuité de l'Etat s'il arrivait malheur aux occupants de l'enceinte de la Chambre des représentants, cependant bien gardée. Cette année, ce fut au tour du secrétaire à l'Energie, Ernest Moniz, de se réfugier dans un endroit gardé secret.
 
Des Américains emblématiques ou méritants avaient été conviés à assister au discours à côté de Michelle Obama: deux rescapés des attentats du marathon de Boston, le premier basketteur NBA ouvertement homosexuel, Jason Collins, ou encore la nouvelle patronne de General Motors, Mary Barra. Le président a aussi longuement fait applaudir un soldat grièvement blessé en Afghanistan, comparant son courage à celui du pays tout entier face à l'adversité.
 
Salaire minimum : une augmentation de 40 % pour les contractuels. Barack Obama a souligné que «même en pleine reprise, trop d'Américains travaillent plus dur qu'avant juste pour joindre les deux bouts» et affirmé que la mission du gouvernement était «de renverser cette tendance».
 
Parmi les mesures que le dirigeant a annoncé figure une augmentation du salaire horaire minimum pour les nouveaux contractuels de l'Etat fédéral, à 10,10 dollars contre 7,25 dollars actuellement, soit une augmentation de 40 %. «Si vous cuisinez pour nos troupes, si vous lavez leur vaisselle, vous ne devriez pas être contraint de vivre dans la pauvreté», a lancé le président. Il a aussi exhorté le Congrès à étendre cette mesure à tous les employés. «Donnez une augmentation à l'Amérique!», s'est-il écrié. «Cela aidera les familles, cela donnera aux ménages plus d'argent pour consommer et cela n'impliquera aucun nouveau programme bureaucratique», a-t-il argumenté.
 
Reprise économique : l'année de la «percée». Le président des Etats-Unis Barack Obama a affirmé que l'année 2014 pouvait être celle de la «percée» pour son pays après des années de convalescence à la suite de la crise économique. Evoquant «le taux de chômage le plus bas depuis cinq ans», «un marché de l'immobilier en train de rebondir», il a estimé que «les Etats-Unis sont mieux placés pour le XXIe siècle que n'importe quel autre pays sur terre» : «Pour la première fois en plus d'une décennie, les hommes d'affaires dans le monde affirment que la Chine n'est plus le meilleur endroit au monde pour investir. C'est l'Amérique. C'est pourquoi je crois que cette année peut représenter une percée pour l'Amérique».
 
Inégalités hommes-femmes : le temps de «Mad Men» est révolu. Le président a défendu l'égalité salariale des hommes et des femmes en utilisant une référence au populaire feuilleton «Mad Men». «Aujourd'hui, les femmes représentent environ la moitié de la main d'oeuvre» aux Etats-Unis, a remarqué Barack Obama face aux élus du Congrès. «Mais elles gagnent toujours 77 cents quand les hommes gagnent un dollar. C'est mal, et en 2014, c'est embarrassant», a-t-il lancé.
 
«Une femme mérite d'obtenir le même salaire pour le même travail. Elle mérite d'avoir un bébé sans avoir à sacrifier son emploi», a ajouté le président. «Il est temps de se débarrasser de règles qui relèvent d'un épisode de "Mad Men" sur le lieu de travail», a encore dit le dirigeant démocrate. Série à succès et saluée par la critique, «Mad Men» se déroule dans une agence de publicité new-yorkaise des années 1960, et fait la part belle aux des attitudes machistes de ses protagonistes mâles.
 
Environnement : «le changement climatique est un fait». Barack Obama souhaite encourager l'économie verte : «Nous devons agir avec davantage le sens de l'urgence, parce que le changement climatique frappe déjà dans nos contrées de l'Ouest avec la sécheresse et les cités côtières avec les inondations (...). Passer à une économie s'appuyant sur des énergies plus propres ne se fera pas en un jour, et il faudra faire des choix difficiles en chemin. Mais le débat est posé. Le changement climatique est un fait».

 
Immigration : un système caduque. Le président américain estime qu'une réforme de l'immigration pourrait permettre de réduire les déficits : «Il est temps (...) de réparer notre système d'immigration qui ne fonctionne pas. Républicains et démocrates au Sénat ont agi. Je sais que les membres des deux partis à la Chambre (des représentants) veulent faire de même. Les économistes indépendants affirment que la réforme de l'immigration fera croître notre économie et réduira les déficits de près de mille milliards de dollars au cours des deux prochaines décennies».
 
Al-Qaïda : «Le danger demeure». «Au Yémen, en Somalie, en Irak et au Mali, nous devons continuer à travailler avec nos partenaires pour affaiblir ces réseaux et les rendre inopérants», a jugé Barack Obama. «Le fait est que le danger demeure», a-t-il lancé. En Syrie, «nous soutiendrons l'opposition qui rejette le programme des réseaux terroristes», a-t-il affirmé.
 
Il a par ailleurs fait de la lutte contre Al-Qaïda l'un des arguments majeurs pour l'éventuel maintien d'une présence en Afghanistan au-delà de 2014, une fois la mission de combat de l'Otan terminée. Le gouvernement afghan refuse pour l'instant de signer un accord allant dans ce sens. «Avec la fin de la guerre en Afghanistan, cette année doit être celle où le Congrès lève les restrictions restantes sur les transfèrements de détenus et où nous fermons la prison de Guantanamo Bay», a averti le président américain.
 
Iran : un veto en cas de sanctions. Barack Obama a exhorté le Congrès à laisser sa chance à la diplomatie sur le dossier nucléaire iranien, menaçant de son veto toutes sanctions votées contre Téhéran pendant les négociations internationales. «Que ce soit clair : si le Congrès m'envoie maintenant une nouvelle loi de sanctions qui menace de faire dérailler ces pourparlers, j'y mettrai mon veto», a lancé le président des Etats-Unis. Il n'a pas caché que ces négociations seraient «difficiles» et qu'«elles peuvent ne pas réussir».
 
Le président Obama espère ainsi contraindre Téhéran à prouver que son programme nucléaire est exclusivement pacifique et éviter alors un nouveau conflit militaire au Moyen-Orient. «Si les dirigeants iraniens ne profitent pas de cette occasion, alors je serai le premier à réclamer davantage de sanctions», a assuré Barack Obama, répétant être «prêt à exercer toutes les options pour s'assurer que l'Iran ne construit pas une arme nucléaire».
 
Ukraine : «Le peuple a le droit de s'exprimer librement». Le président américain a affirmé que le peuple d'Ukraine devait pouvoir décider de son avenir, dans ce pays théâtre d'un mouvement de contestation pro-européen. «En Ukraine, nous défendons le principe selon lequel le peuple a le droit de s'exprimer librement et pacifiquement et doit avoir son mot à dire pour l'avenir du pays», a déclaré Barack Obama devant le Congrès.
 
Un peu plus tôt mardi, le vice-président américain Joe Biden, avait une nouvelle fois exhorté, lors d'un entretien téléphonique, le président ukrainien à «travailler avec l'opposition pour parvenir à des compromis cruciaux dans l'objectif d'une solution pacifique».
 

Le Parisien

Mercredi 29 Janvier 2014 - 11:30




1.Posté par malijet le 30/01/2014 16:51
Je comprend Obama, car qui d'autre mieux que lui pour bien mener cette guerre noble.

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