Dors en paix red-chef: Un grand "bourreau du travail" s'en est allé !

Dimanche 1er juillet 2012, dimanche 15 juillet 2012. L'appel d'un rédacteur en chef alité qui d'une voix presque inaudible me demande de lui envoyer un véhicule pour venir à la rédaction aider à la coordination des équipes chargées de couvrir les législatives et participer à l'editing du numéro daté du 2 juillet. En le rassurant que toutes les dispositions sont prises pour une bonne couverture des législatives, il s'est senti soulagé et montré, dans ces moments difficiles, qu'il continuait de se soucier de la bonne réalisation de l'œuvre commune. Hier, sur ce qui deviendra son lit de mort, une poignée de main, un regard brumeux. Quelques heures après, Madior Fall tirait sa révérence.



Dors en paix red-chef: Un grand "bourreau du travail" s'en est allé !
En reliant ces deux moments, je mesure à quel point le grand «guetteur de l'instant» qu'il fut délivrait à son confrère deux messages : renouvellement du serment de fidélité à l'idéal de Sud communication et aux valeurs fondatrices du journalisme chevillées sur la religion des faits, l'éthique et la déontologie, et engagement renouvelé, en toutes circonstances ,de participer à l'œuvre commune. Aux heures les plus difficiles vécues par le groupe, il a su, aux côtés de son équipe et de la direction du journal, traverser les orages en maintenant le cap.

Sa passion pour le journalisme, il l'aura vécu comme de rares professionnels de l'information ont pu le faire. Sa part d'homme aussi. Quand le bourreau du travail, attentif à tout et qui n'a jamais ménagé sa santé ni renoncé à informer du mieux que possible les lecteurs se retrouvent dans une même figure, on comprend mieux pourquoi l'histoire lui sera à jamais redevable d'avoir marqué son temps et tenu admirablement son rôle.

D'une urbanité exquise, disponible, Madior avait ses entrées partout, un carnet d'adresses impressionnant. Sud Communication gardera de lui l'exemple d'un professionnel de l'information formé au desk en quelques années ayant gravi tous les échelons. Il n'a jamais manifesté aucun complexe face à ses confrères ayant fréquenté les écoles de journalisme. Tout au contraire, il avait une longueur d'avance sur nombre de diplômés par son sens pratique, son engagement.

Fouineur, accrocheur, téméraire, il a pu, sur nombre de dossiers brûlants comme la lancinante question de la Casamance avoir les bons tuyaux. Servi par une vaste culture, un militantisme politique matinal, un engagement citoyen dans les mouvements associatifs, responsable de l'organisme de coordination des activités de vacance (Oncav), Madior Fall avait trouvé dans le journalisme le cadre idéal de son combat pour le triomphe de la vérité, des libertés, dans les mouvements associatifs, politiques.

En nous quittant pour l'éternité, il peut exiger que le flambeau soit maintenu. Dors en paix Red chef. Qu'Allah dans sa Miséricorde et sa Générosité infinies t'accueille en son paradis.
Abdoulaye Ndiaga SYLLA (Sud quotidien)

Abdoulaye Ndiaga (SYLLA)

Lundi 16 Juillet 2012 - 10:51



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter