(Dossier) La Pentecôte, fête de l’Esprit Saint et de l’Eglise naissante, célébrée dimanche

La Pentecôte, que l'on fêtera le dimanche 8 juin 2014, commémore le don du Saint-Esprit aux apôtres, le cinquantième jour après Pâques. Son nom vient de 'Pentekoste' qui signifie 'cinquantième' en grec ancien.



(Dossier) La Pentecôte, fête de l’Esprit Saint et de l’Eglise naissante, célébrée dimanche
Mort pour le Salut du monde, le Vendredi Saint, ressuscité le jour de Pâques et parti rejoindre le Père à l'Ascension, le Christ envoie aux hommes son Esprit à la Pentecôte. Cette fête est le couronnement du temps pascal, qui dure sept semaines.
 
La Pentecôte est célébrée 50 jours, mais surtout sept semaines après Pâques
 
Avec la fête de la Pentecôte, s’achève le temps pascal, inauguré à l’aube de la Résurrection. Ou plutôt, il «s’accomplit», au sens d’une plénitude, car le terme Pentecôte fait jouer un redoublement du nombre sept: cinquante, c’est sept semaines, plus un, le chiffre de l’unicité divine. Or, comme l’indiquent les sept jours de la semaine, les sept dons de l’Esprit, les sept branches du chandelier, (les sept péchés capitaux), les sept couleurs de l’arc-en-ciel, ce chiffre désigne la perfection, car il est la somme de trois, le nombre trinitaire, et de quatre, le symbole de la totalité humaine, comme par exemple les quatre points cardinaux.
 
Chavouot, fête juive du don des Tables de la Loi aux hommes et la fête de Pentecôte 
 
Comme pour toutes les grandes fêtes de l’année liturgique, la signification chrétienne prolonge et accomplit le sens premier qu’elles revêtent dans l’Ancienne Alliance. De même que la célébration de «Chavouot» fête le don de la Loi à Moïse sur le Sinaï, cinquante jours après la sortie de la captivité d’Egypte (le passage de la Pâque), de même la Pentecôte chrétienne correspond au cadeau de la Loi Nouvelle, l’Esprit Saint, désormais non plus écrite sur la pierre, mais dans les cœurs.
 
C’est l’Esprit du Ressuscité qui est donné en abondance sur toute chair, comme le promettait le prophète Joël (3,1-5). Il poursuit l’œuvre du Christ retourné vers le Père, maintenant que celui-ci n’est plus visible à nos yeux comme il l’était pour les disciples. La Pentecôte accomplit ainsi le «passage» définitif de la mort à la vie. Elle forme avec Pâques un diptyque indissociable, comme les deux faces d’une même pièce. Cela se retrouve dans les sacrements de l’initiation chrétienne: Pâques est au baptême ce que la Pentecôte est à la confirmation. La vie du Ressuscité est offerte au baptisé, et les sept dons de l’Esprit au confirmé, pour que nourri de l’Eucharistie, il témoigne de l’espérance. A la flamme de la bougie baptismale s’ajoute l’onction de la confirmation, pour que le cadeau divin s’inscrive dans nos corps et transforme nos êtres.
 
Le don des langues aux apôtres et l’Eglise naissante
 
Pentecôte, c’est l’Anti-Babel par excellence. Dans le premier livre de la Bible (Genèse 11,1-9), les hommes se liguent entre eux en un projet totalitaire pour pénétrer dans les cieux, en bâtissant une tour susceptible de les rendre comme des dieux. Résultat: ils se dispersent à travers la terre sans plus se comprendre les uns les autres. Au contraire, à la Pentecôte, le feu vient d’en-haut, il repose sur chacun des apôtres en particulier. Ce don divin les rend capables de parler chacune des langues des nations présentes dans la cité de la paix pour la fête juive, de sorte que tous les comprennent dans la diversité des idiomes. Ainsi, l’unique langue de l’amour se traduit dans la multitude des langues des peuples. Tous se comprennent et se complètent, la diversité se rassemble en une seule harmonie venue de Dieu.
 
A l’unification forcée qui débouche sur la division, succède l’unité comme un cadeau qui rend fructueuses les différences. Quelle magnifique parabole pour l’Eglise, aujourd’hui encore: réaliser sa «catholicité – universalité» dans la communion de la diversité, inculturer l’unique Bonne Nouvelle dans la pluralité des cultures et des langages!
 
Le vent et le feu, symboles de l’Esprit Saint
 
L’Ecriture désigne l’Esprit Saint, troisième personne de la Trinité, respiration d’amour entre le Père aimant et le Fils aimé, par la puissance de son action. Le vent et le feu constituent des réalités dynamiques, qui saisissent l’œuvre divine dans son impact sur le monde et sur les hommes. Le grec 'pneuma' «vent – esprit», (neutre), qui donne en latin spiritus (masculin), se dit en hébreu ruah (féminin). C’est beau de voir qu’il y en a donc pour tous les sexes ou les genres, dans les trois grandes langues bibliques. L’Esprit-souffle se donne à tous les êtres.
 
Sans former encore une personne distincte comme dans le Nouveau Testament, le vent de Dieu exprime dès le début de la Bible son impulsion créatrice, lorsque l’esprit plane sur les eaux de l’abîme, avant que n’advienne la parole qui sépare et met en place progressivement les éléments (Genèse 1). Et dans le deuxième récit de la Genèse (chapitre 2), l’être humain est constitué à la fois de la terre meuble d’où il est issu, «Adam», et du souffle même du Seigneur qui le rend vivant, «Eve» veut dire «la vivante».
 
Quant au feu, il peut être ambivalent. Au brasier qui détruit s’opposent les flammes du buisson ardent, qui brûle sans se consumer, et qui révèle à Moïse la présence palpitante, mystérieuse et insaisissable de celui qui se dévoile à lui comme «Je suis qui je suis» (Exode 3,1-15).
 
Il peut s’agir également d’un feu intérieur, comme celui du «cœur brûlant» des disciples d’Emmaüs, lorsque Jésus ressuscité les rejoint incognito sur la route et leur explique dans la Parole tout ce qui le concerne, sans que pourtant ils ne parviennent à le reconnaître.
 
Au jour de la Pentecôte, les langues de feu descendent du ciel pour reposer ici-bas sur la tête et dans l’âme des apôtres. Ils deviennent ainsi investis du feu céleste et ils n’auront de cesse de communiquer à d’autres le «pouvoir» reçu de Dieu par le Christ, qu’il leur avait transmis au moment de les quitter et de retourner vers son Père lors de l’Ascension (Matthieu 28,18).
 
Ainsi, ce sont tous les baptisés qui deviennent investis de cette belle tâche d’être «la lumière du monde», pour faire briller aux yeux de l’univers la gloire du Seigneur, par le témoignage de leur vie et de leur parole (Matthieu 5,13-16).

oficom

Jeudi 5 Juin 2014 - 14:06



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