Drame de Lampedusa : le ton monte autour de l’action politique

Une obligation juridique et morale à Lampedusa : retrouver les corps des migrants naufragés, jeudi, aux portes de l’Europe. Mais la météo empêche pour le moment le travail des plongeurs. Les autorités italiennes envisagent de renflouer le bateau qui gît à 40 mètres sous la mer. Trois cents morts, ce n’est encore qu’une estimation, un choc que certains voudraient salutaire. Un choc et l’espoir d’une prise de conscience.



Drame de Lampedusa : le ton monte autour de l’action politique

Le ton monte en Italie. A Lampedusa, après l’émotion, c’est le temps des questions et des solutions à trouver. Il y a d’abord une vive polémique sur les lois italiennes qui pénalisent et découragent les pêcheurs et les particuliers de porter secours aux embarcations de migrants. Il y a des questions aussi sur le dispositif Frontex, chargé de protéger les frontières extérieures de l’Union européenne. Hier, le président de la région en a dénoncé l’inefficacité en demandant où étaient les radars, comment se fait-il qu’on n’ait pas repéré ce bateau ? Et plus généralement, des questions sur le rôle que doit jouer l’Europe toute entière, car l’Italie se sent bien seule.


Comprendre les causes
 

Mais comme l’a aussi rappelé la présidente de la Chambre, Laura Boldrini, il faut comprendre les causes de ces drames et s’intéresser un peu plus à ce qui se passe en Somalie et en Erythrée, par exemple. Et la mobilisation à laquelle on assiste dans toute l’Italie donne de l’espoir, ici, à Lampedusa. Pour la maire de la commune, Giusi Nicolini, les choses devraient changer. Il faut que les responsables politiques affirment leur volonté d’avancer : « Ils doivent dire qu’ils veulent changer les choses et ensuite, on verra ce que l’on fait. Mais pour moi, il y a un préalable : qu’ils affichent leur volonté de changement. Ce serait insupportable de rester dans l’immobilisme. Ce serait vraiment une terrible réponse à cette tragédie ».


Corridors sanitaires

La présidente de l’Assemblée nationale italienne était là, hier, samedi 5 octobre. Le chef du gouvernement Enrico Letta est attendu lundi à Lampedusa. Aujourd’hui, c’est la ministre de l’Intégration Cécile Kyenge qui se rend sur l’île. Elle a demandé la mise en place de corridors sanitaires. D’origine africaine, c’est cette ministre que la Ligue du Nord avait comparée à « un singe ». La Ligue du Nord n’était, de son côté, pas présente à la conférence de presse organisée hier sur cette île en présence de nombreux élus de tous les partis italiens.


Rfi.fr

Dimanche 6 Octobre 2013 - 11:00



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