Du Burundi à la Libye, les crises du continent au sommet de l'UA

Le conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine s’ouvre ce samedi à Johannesburg. Au menu de cette première réunion des chefs d’Etat avant l’ouverture du sommet dimanche, plusieurs dossiers brûlants comme le Burundi, la prolifération des groupes terroristes sur le continent ou encore la crise au Soudan du Sud.



A moins de deux semaines de la date prévue pour des élections législatives et communales à marche forcée au Burundi, l'heure est-elle encore à la diplomatie ? Pas question pour le gouvernement d'un nouveau report de ces scrutins ou de reculer sur la question de la candidature à la présidentielle de Pierre Nkurunziza. L'opposition et la société civile, toujours opposées à ce troisième mandat, disent craindre que le pays ne s'enfonce dans une guerre civile. Et il n'y a même plus de médiateur pour ce dialogue de sourds depuis le retrait de l'onusien Saïd Djinnit.
 
Le Burundi est membre du conseil de paix et de sécurité et beaucoup estiment que cela pourrait empêcher toute déclaration forte, même si, confiait une source au sein de l'UA, ses représentants devraient sortir lors du débat sur la question. Le président Pierre Nkurunziza sera-t-il même présent ? Ou se fera-t-il représenter comme lors du sommet de la communauté est-africaine ? Beaucoup d'incertitudes donc.

 
L’Union africaine en tout cas réitère : elle n’enverra pas d’observateurs pour les élections au Burundi tant que le contexte ne sera pas apaisé. « Nous l’avons dit très clairement au Burundi : tant que les conditions pour des élections pacifiques et crédibles ne sont pas réunies, nous n’observerons pas les élections, a répété la commissaire aux Affaires politiques de l'UA, Aisha Abdullahi. Nous avons donc un processus de médiation qui est en place et nous espérons que cela va aboutir à une conclusion positive. Mais le débat sur un troisième mandat a été une source d’instabilité sur le continent africain. Là aussi nous avons été très clairs : nous décourageons cette tendance car ce n’est pas de bon augure pour la plupart des pays. »

 
Un envoyé spécial de poids pour le Soudan du Sud
Des incertitudes aussi quant aux chances d'aboutir à un accord politique au Soudan du Sud. Mais l'Union africaine a décidé de renforcer la médiation menée par l'Igad, l'Autorité intergouvernementale pour le développement, en créant un groupe ad hoc de cinq pays : l'Afrique du Sud, le Tchad, le Rwanda, l'Algérie et le Nigeria. La première réunion doit avoir lieu ce samedi, quelques heures avant le conseil de paix et de sécurité. Un envoyé spécial de poids a également été désigné : l'ancien président malien Alpha Oumar Konaré.

 
Reste la question de la prolifération des groupes terroristes qui s'est invitée au conseil de paix et de sécurité. La Libye (lire encadré) et plus largement le Sahel, Boko Haram ou encore les shebabs en Somalie seront évoqués avec l'ambition de trouver une réponse globale.

 
 Une solution politique pour la Libye
Vendredi se réunissaient pour le deuxième jour les ministres des Affaires étrangères. En marge du sommet, plusieurs réunions de groupes de contact ont eu lieu, notamment sur la Libye pour faire le point sur les négociations et la nécessité pour les acteurs d'arriver au plus vite à un accord politique pour enrayer la prolifération des groupes terroristes. Pour Ramtane Lamamra, ministre algérien des Affaires étrangères, une solution politique est la seule issue possible à la crise.

Rfi.fr

Samedi 13 Juin 2015 - 10:47



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