Du plagiat au remaniement.



Du plagiat au remaniement.
"La patrie plutôt que le parti", n’est pas la création intellectuelle du Président du Macky Sall. Cette pensée tant congrue que pragmatique est l’œuvre de l’éminent savant grecque Platon, qui, fut mécontent de la politique grecque se manifestant par des harcèlements à tort et à travers, des abus et des dérapages, des arrestations illégales, infondées et injustes telles que la condamnation arbitraire du philosophe de renom Socrate, son maitre à penser. Révolté, Platon consacrera toute une série d’études empiriques sur la démocratie malheureusement qu’il ne terminera pas. Et, se sera son disciple, un autre homme d’esprit Aristote qui se chargera de continuer ses travaux pour théoriser ce concept afin d’alerter l’autoritarisme emprunté par la démocratie grecque se singularisant par le puissant Parti- Etat, le Parti Populaire grecque de l’époque. Cette formule réintègrera les discours politiques avec le Premier Ministre Tunisien Beji Caud Essebi Président du Parti Initiatives Nida Tounes, qui en fera son slogan de campagne électorale. D’ailleurs dans sa thèse d’Etat consacrée aux dysfonctionnements de la démocratie grecque du quatrième siècle, dénommée « le Problème de la démocratie grecque », le Docteur Jacqueline De Romy consacrera tout un chapitre sur cette formule et citera Aristote, qui disait clairement que : « le mal qui guette le gouvernement populaire est de devenir tyrannique. Il sévit lorsque le parti populaire, qui n'est qu'une fraction de la population, exerce une dictature. Le parti l'emporte sur la patrie, car une partie des citoyens ne peut plus s'exprimer. Or la patrie l’emporte toujours sur le parti ». Ce slogan volé maladroitement du contexte athénien du quatrième siècle, a ignoramment servi de bouclier qui ne tient surtout pas la route. C’est tout simplement coq à l’âne, du plagiat au remaniement.

Force est de rappeler que la population sénégalaise dans toute sa composante : hommes et femmes, apolitiques comme politiques, syndiqués comme non syndiqués, les secteurs et les segments de la vie, le sénégalais lambda etc. Tous pessimistes s’étaient offusqués du mauvais casting du premier gouvernement qui a été monté dans la précipitation, le tâtonnement, la diversion et l’improvisation. Le mode de sélection des membres du premier gouvernement suscitait plus d’interrogations que de réponses. Aucunes enquêtes crédibles de moralité, de proximité, de solvabilité et de compétence n’ont été menées au préalable. Or, par mesure d’indulgence et de sécurité, avant de nommer les membres du gouvernement, le Président Macky Sall ne devait pas négliger certaines formalités élémentaires telles que la vérification de la moralité et de l’intégrité des pressentis en leurs demandant un extrait de casier judiciaire pour tous les pays où les présagés auraient vécu plus de quatre mois, ensuite vérifier l’authenticité de leurs titres, diplômes, attestations et documents administratifs et enfin contacter tous leurs anciens employeurs pour se renseigner et voir si les pressentis étaient recommandables et irréprochables. Sans oublier l’enquête de voisinage dite de proximité pour vérifier leurs fréquentations, leurs bonnes intégrations dans la communauté et l’irréprochabilité de leurs mœurs. Malheureusement les nominations dans le gouvernement du Premier Ministre Abdoul Mbaye ont toutes dérogé catégoriquement à cette règle fondamentale et ont comporté autant des vices et d’incongruités. Elles ont été conclues sur la précipitation et sur des déclarations inexactes, mensongères et frauduleuses avec des attributions politiques, familiales, ethniques et régionales. Sans oublier le quota de lobbies internes comme externes engagées et dévouées dans le déboulonnement du Président Abdoulaye Wade et dans la promotion présidentielle du Président Macky Sall.

Malgré tous les mauvais retours et toutes les insuffisances notées lors de la formation du premier gouvernement, aucunes leçons de l’échec n’ont été tirées ou revues afin d’apporter des correctifs nécessaires et adéquats. En conséquence, le remaniement du gouvernement du Premier Ministre Abdou Mbaye semble inopportun, irréfléchi et sans études aux préalables. D’ailleurs le Président Macky Sall vient une fois de plus plonger maladroitement dans sa cacophonie habituelle. Ce remaniement n’est rien d’autre qu’un jeu de chaises musicales qui ne pourra pas prendre sérieusement en charge les préoccupations quotidiennes des sénégalais déçus, lésés, laissés en rade. Un recentrage était plus nécessaire, opérant et stratégique qu’un élargissement inefficient et inefficace, parce que tout simplement à ce rythme le gouvernement est condamné à une instabilité chronique et continue puisqu’il risque d’augmenter en taille et de changer tous les six mois. Sur sa forme, le gouvernement est pléthorique et inélégant par ses chevauchements, ses dénominations baroques de certains portefeuilles. Sans compter les doublons ou les conflits de compétences que se poseront certainement entre les ministères d’une part et d’autre part entre les ministères et certaines agences. Par exemple le ministère de la Restructuration et de l’Aménagement des Zones d’inondation est doublement un doublon du ministère de l’aménagement du territoire et du ministère de l’assainissement. Sur le fond, ce gouvernement hétéroclite de partage du gâteau est technophobe, ethnophobe et n’est pas équilibré en diversité ethnique, régionale et religieuse. Et, il établit une véritable régression nationale qui n’apportera aucune confiance mais au contraire suscitera davantage d’interrogations à sa capacité d’implémenter des solutions efficaces aux aspirations des masses laborieuses sénégalaises.

En somme, les doctrines du Président Macky Sall sont toutes populistes, contradictoires et conflictuelles y compris ce slogan volé qu’il s’est approprié maladroitement. C’est Platon qui en réalité, a théorisé au quatrième siècle cette formule « la patrie plutôt que le parti ». Les fiascos répétitifs dans les formations successives des gouvernements Macky 1 et 2, prouvent clairement que le Président Macky Sall n’a aucunes ambitions pour le pays et qu’il a lamentablement failli dans sa mission principale qui est d’être alerte et vif, de prendre rapidement en charge les aspirations urgentes et prioritaires des sénégalaises et de sénégalais telles que les délestages d’eau et d’électricité, la sécurité intérieure comme extérieure, la cherté des denrées de premières nécessités, l’emploi juvénile, le conflit casamançais, les inondations, la bonne gouvernance, la précarité et la paupérisation des couches vulnérables, le déficit des comptes publics, l’éducation nationale, l’agriculture, le secteur informel etc. Malheureusement ses déclarations variées et contradictoires ainsi que ses vociférations inutiles et polémistes indiquent clairement que le Président Macky Sall sabote et hypothèque volontairement dans une crise concave sans issue l’avenir de toute une nation. La voie dans laquelle il a engagé le Sénégal n’est pas bonne et mène droit au chaos. Ses multiples tâtonnements prouvent clairement qu’il ne contrôle plus l’appareil de l’Etat, et ignore absolument son état de délabrement. Cette situation politique telle que vécue dans notre pays est dangereuse pour la République, parce que les agissements sulfureuses et les entêtements du Président Macky Sall engagent un risque fort en péril, des fondements de notre pays, des institutions républicaines et des corps de l’Etat. Idem, pour la sécurité publique, la sûreté de l’Etat, la défense nationale et l’intégrité territoriale. En conséquence, les forces vives de la nation doivent se mobiliser pour exiger du président de l’Assemblée Nationale, l’assumassions totales de ses prérogatives constitutionnelles pour restaurer l’Etat de droit et la démocratie.


Par Cheikh Sidiya DIOP
Secrétaire général de la Ligue des Masses
dcheikhsidiya@gmail.com

Cheikh Sidiya DIOP

Lundi 5 Novembre 2012 - 14:49