Ebola en Sierra Leone: toute la population appelée à rester chez elle

La mesure est spectaculaire. Pendant trois jours, du 19 au 21 septembre, la Sierra Leone va imposer un confinement à toute sa population. Les 6,3 millions de Sierra-Léonais ne pourront plus circuler et devront donc avoir fait des provisions. Il s'agit d'enrayer l'épidémie et de faciliter le dépistage des personnes infectées, puis leur prise en charge.



Un soignant donne à boire à une femme porteuse du virus Ebola, dans un centre de traitement spécialisé, à Kenema (Sierra Leone), en juillet 2014. REUTERS/Jo Dunlop/UNICEF/Handout via Reuters
Un soignant donne à boire à une femme porteuse du virus Ebola, dans un centre de traitement spécialisé, à Kenema (Sierra Leone), en juillet 2014. REUTERS/Jo Dunlop/UNICEF/Handout via Reuters
Les autorités partent du principe qu'en trois jours (cela va en réalité de deux à 21 jours), une personne infectée déclenche la maladie. Trois jours sans bouger, trois jours sans sortir de chez soi. Ce sera donc trois jours d'angoisse à attendre qu'un éventuel cas d'Ebola se déclare dans son foyer. Voilà la mesure extrême qu'ont prise les autorités sierra-léonaises pour tenter d'enrayer l'épidémie. Du 19 au 21 septembre prochain, les 6,3 millions d'habitants du pays ne pourront plus quitter leur maison et devront avoir fait suffisamment de provisions en attendant la fin de cette mesure de confinement. Vingt et un mille volontaires seront chargés de faire respecter la mesure en plus des forces armées et de polices déjà mobilisées sur l'ensemble du territoire pour entretenir un blocus dans les régions les plus infectées.Selon la présidence sierra-léonaise, ces trois jours permettront aux malades atteints de déclencher les symptômes, aux familles d'alerter les autorités, et aux médecins d'évacuer les personnes infectées vers les centres de traitement. Depuis août déjà, il est interdit de cacher un malade d'Ebola chez soi. Deux régions entières, Kenema et Kailahun, sont en quarantaine. Certains médecins restent sceptiques sur l'efficacité d'une telle mesure, avançant notamment le fait que les premiers symptômes mettent parfois jusqu'à trois semaines à se manifester.

Une mesure illusoire ?

Pour Edward Conteh de l'association War emputees society, cette mesure de confinement risque d'être très difficile à faire respecter. « Les gens ne prennent pas cette chose très au sérieux. Quand vous allez dans certains endroits, les gens vous disent que c'est un mensonge, et puis vous savez, la société sierra-léonaise est très désorganisée. Alors quand ils disent quatre jours sans sortir, cela va être vraiment, vraiment très difficile, s'inquiète-t-il. Je connais les gens ici : ils vont aller dehors pour voir ce qu' ils peuvent trouver pour leurs enfants. Moi, je me débrouille, je m' occupe de mes enfants et je ne vais nulle part. Mais très honnêtement, espérer voir les gens rester chez eux pendant quatre jours sans mettre le nez dehors, ça va vraiment être compliqué ».

 

Rfi.fr

Dimanche 7 Septembre 2014 - 10:35



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter