Ebola: l’Afrique prend des mesures drastiques face à l’épidémie

Depuis que l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a fait de la lutte contre le virus Ebola une urgence mondiale, plusieurs pays africains ont renforcé leurs mesures. L'épidémie continue de se propager. C'est la plus violente depuis la découverte d'Ebola en 1976. Déjà près de 1 000 morts. Au Nigeria, un nouveau cas a été confirmé, lundi 11 août.



Des volontaires se préparent à déplacer des corps suspectés d'être contaminés par le virus Ebola dans le village de Pendebu, le 18 juillet, en Sierra Leone. REUTERS/WHO/Tarik Jasarevic/Handout via Reuters
Des volontaires se préparent à déplacer des corps suspectés d'être contaminés par le virus Ebola dans le village de Pendebu, le 18 juillet, en Sierra Leone. REUTERS/WHO/Tarik Jasarevic/Handout via Reuters

Au Nigeria, une infirmière a été contaminée, ce lundi, par le virus d’Ebola. Elle a été en contact avec un Libérien touché par le virus et hospitalisé à Lagos. Le Nigeria compte désormais dix cas confirmés et deux décès liés à Ebola.

Dans les pays non touchés, plusieurs cas suspects ont été mis en quarantaine. Au Sénégal, il s'agissait d'une fausse alerte. Le cas repéré au Nord dans la région de Matam est négatif. Il n'est pas affecté par Ebola. Au Bénin, deux cas suspects viennent d’être déclarés négatifs, eux aussi.

Au Rwanda, on attend toujours les résultats des tests effectués sur un jeune étudiant allemand qui a passé plusieurs jours au Liberia et qui souffrirait de fièvre.

Et en Sierra Leone, huit Chinois ayant soigné des patients d’Ebola ont été placés en quarantaine, a indiqué, ce lundi 11 août, l’ambassadeur de Chine à Freetown. Il s’agit de six médecins et d’un infirmier qui travaillaient à l’hôpital sino-sierra-léonais de Jui, dans l'est de Freetown, ainsi que d’un médecin de l’hôpital public de Kingharman Road, dans la banlieue ouest de la capitale. L’ambassadeur a toutefois refusé de préciser si certains d’entre eux présentaient des signes de cette fièvre hémorragique.

Dans les pays déjà touchés, des mesures drastiques ont été prises ces dernières heures. Au Liberia, les autorités viennent d'annoncer la mise en quarantaine d'une troisième province, celle du Lofa, au nord du pays. Aucune personne ne pourra y entrer ni en sortir afin de protéger les populations non encore touchées, a déclaré la présidente.

La Côte d'Ivoire suspend ses vols

La Côte d'Ivoire, en alerte, annonce la suspension des vols de sa compagnie nationale dans les pays touchés par le virus Ebola. Les autorités interdisent aussi à toutes les compagnies de transporter les passagers de ces pays vers Abidjan. La Côte d’Ivoire n'est pas affectée, mais le gouvernement se dit en alerte.

« La maladie ne faiblit pas dans les pays où elle s’est déjà déclarée et puis, surtout, nous voyons que certains pays sont atteints par des personnes qui ont pris l’avion, tout simplement. Cela nous impose, en Côte d’Ivoire, pour protéger nos populations, de prendre des dispositions plus fortes et tout cela va contribuer également à faire en sorte que nos populations ne baissent pas en vigilance par rapport à cette maladie. […] Les cas qui sont déclarés aujourd’hui au Nigeria viennent d’un voyageur. Par conséquent, il s’agit d’éviter, en ce qui concerne la Côte d’Ivoire, le premier cas », a déclaré à RFI Bruno Koné, porte-parole du gouvernement ivoirien.

Autre piste : le vaccin

Du côté de l'OMS, une réunion est organisée aujourd'hui pour débattre des possibilités de traitement. Faut-il ou non autoriser des sérums expérimentaux comme le ZMapp qui aurait aidé deux Américains  à résister à la maladie ? Selon les autorités sanitaires américaines, quelques centaines de sérums pourraient être prêts pour la fin de l'année. Mais attention, préviennent-elles, il ne s'agit en aucun cas d'un remède miracle et les effets restent à démontrer.

L'OMS annonce qu'un traitement préventif pourrait être testé dès le mois de septembre. Avec l'espoir, si les tests sont concluants, de développer un vaccin dès 2015.

→ A (RE) LIRE : Ebola: un vaccin pour 2015 ?

 

Au Tchad, une rumeur sème la terreur

Au Tchad, des SMS anonymes font état de la présence de cas de fièvre Ebola sur le territoire. Ils conseillent de boire de l'eau salée et de se laver avec pour se protéger de la maladie. Le gouvernement a aussitôt réagi par la voix du secrétaire d'Etat à la Santé publique, Hassan Diadoum :

« Des rumeurs folles circulent à travers la téléphonie privée sur la prétendue existence des cas de fièvre hémorragique Ebola à Ndjamena. Des fausses rumeurs jettent le doute dans l’esprit de la population faisant croire à l’existence d’un quelconque traitement traditionnel. Le ministère de la Santé publique tient à démentir de la manière la plus catégorique qu’aucun cas de fièvre Ebola n’a été décelé, à ce jour, au Tchad »

Hassan Diadoum assure que depuis le déclenchement de l’épidémie en Afrique de l’Ouest, un dispositif de sécurité a été mis en place et donc, qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. « Le ministère, avec ses partenaires de l’OMS, a mis en place un dispositif de surveillance fonctionnant 24 h sur 24 sur toutes les entrées du pays », a-t-il ajouté.

Samedi 9 août, c’est l’autorité de l’aviation civile tchadienne qui a émis une note suspendant jusqu’à nouvel ordre tous les vols directs en provenance du Nigeria, seul pays voisin où des cas de fièvre Ebola ont été signalés, pour le moment. 




Mardi 12 Août 2014 - 02:18



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