Ebola: le Liberia face au défi de la relance agricole

Le Liberia allège les restrictions prises pour contrer l'épidémie d'Ebola. La présidente Sirleaf a annoncé la fin du couvre-feu dimanche, en vigueur depuis août, ainsi que la réouverture prochaine des frontières. Il n'empêche, si la situation s'améliore largement, les traces de l'épidémie se feront sentir sur le long terme, en particulier dans le secteur agricole.



Après une année 2014 catastrophique, l'espoir de jours meilleurs est permis. A cause d'Ebola, la production a baissé de 10 % à 25 % selon la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

« Certaines régions sont isolées et n'avaient aucun accès aux médias et donc aux messages de prévention, raconte Joseph Morris, coordonateur du Comité national de la Cassava, deuxième aliment du pays après le riz. Des gens pensaient qu'ils allaient [être] contaminés en allant aux champs. [Or] les agriculteurs travaillent en groupe. Quand ils ont su que les contacts étaient à proscrire, ce système collectif s'est écroulé. »

Enfin, le gouvernement a fait fermer les marchés, les producteurs ne pouvaient plus écouler leurs marchandises. Les conséquences crevaient les yeux. Les gens avaient faim. Des cultures ont été perdues. Aujourd'hui, tous ont besoin d'argent pour relancer leur activité.

Manque de fonds

En octobre dernier, la FAO a lancé cinq programmes d'urgence pour soutenir 25 000 producteurs. Mais si la situation s'améliore, les financements manquent encore, selon Jeremiah Sokan, consultant au sein de l'organisation onusienne.

« Le virus a créé un choc, explique-t-il. Mais le pays se rétablit. Et comme c'est le début de la saison, nous fournissons des moyens, des graînes, du matériel, pour les relancer. Selon nous, il faut débloquer dix millions de dollars pour assurer la sécurité alimentaire du pays. Il nous en manque encore huit pour consolider cette reprise. »

Ces projets courent jusqu'en septembre prochain. Comme pour la santé, il faudra consolider tout le secteur agricole pour que les producteurs puissent encaisser la prochaine épidémie du genre.


Rfi.fr

Dimanche 22 Février 2015 - 10:58



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