Ebola: le Liberia n'a plus de malade mais ne crie pas victoire

Au Liberia, la dernière malade d’Ebola connue a quitté le centre de santé où elle était soignée. Beatrice Yordoldo, 58 ans, professeur d'anglais, est retournée chez elle avec son certificat de guérison en poche. Une nouvelle qui laisse espérer que le pays soit bientôt libéré de ce fléau. Mais il ne faut peut-être pas se réjouir trop vite.



Aucune des organisations qui travaillent aujourd'hui sur le terrain ne veut crier victoire. Parce que si le nombre de cas a diminué au Liberia, pour preuve, cette dernière patiente connue, il y a toujours des cas suspects en observation. Médecins sans frontières (MSF) attend les résultats de deux patients qui ont rejoint leur centre ces derniers jours.

Mais surtout, le Liberia a des frontières communes avec les deux pays touchés, la Guinée et la Sierra Leone où selon l'OMS, 132 nouveaux cas ont été enregistrés la semaine dernière. Les deux tiers en Sierra Leone où la transmission du virus reste largement répandue et ne touche pas moins de huit provinces.

Ne pas relâcher la vigilance

Il faut donc rester vigilant, dit Médecins sans frontières, ne pas relâcher la surveillance, l'améliorer même d'un point de vue régional, communiquer sur les risques de contagion. Car il suffit d'un seul nouveau cas pour que le Liberia ne puisse pas dans quelques semaines se déclarer officiellement débarrasser de l'épidémie d'Ebola.

« C'est évidemment assez positif comme signe, plutôt encourageant pour le Liberia. Mais il ne faut pas se réjouir trop vite, confirme Maria Teresa Cacciapuoti, chef de mission MSF dans la lutte contre Ebola au Liberia. Le nombre de nouveaux cas d'Ebola dans la région était en augmentation cette semaine en Guinée et en Sierra Leone. Cette épidémie a été imprévisible. Les frontières sont poreuses et les populations circulent entre ces trois pays. On doit encore améliorer nos techniques de surveillance et de contrôle des cas suspects et de ceux avec lesquels ils sont en contact. Et ça doit se faire au niveau régional. Donc, oui, c'est un bon signe pour le Liberia, mais il faut rester très vigilant. »

Lors d'une réunion à Conakry le 15 février, les chefs d'Etat des trois pays s'étaient assignés cet objectif : zéro cas dans les 60 jours, mais aujourd'hui seul le Liberia paraît donc en mesure de gagner ce pari. Et pourtant, c'est le pays où l'épidémie a été la plus mortelle. Près de la moitié des morts enregistrés depuis le début de la crise l'ont été au Liberia.


Rfi

Vendredi 6 Mars 2015 - 11:19



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