Ebola: les Sierra-Léonais restent chez eux malgré le manque de vivres

Ce dimanche débute le troisième jour de confinement général en Sierra Leone. Cette décision controversée et inédite a pour but de permettre de lutter plus efficacement contre la propagation du virus Ebola. Elle est liée à une campagne de porte-à-porte visant les 6 millions d'habitants de ce pays, très touché par l'épidémie qui a fait plus de 2 600 morts en Afrique de l'Ouest depuis le début de l'année. Quelque 30 000 volontaires sillonnent le pays, par équipes de quatre personnes, pour informer sur la maladie et distribuer un savon à chaque foyer.



Une rue déserte dans la capitale de la Sierra Leone, au premier jour de confinement de la population pour lutter contre le virus Ebola. Freetown, le 19 septembre 2014. REUTERS/Umaru Fofan
Une rue déserte dans la capitale de la Sierra Leone, au premier jour de confinement de la population pour lutter contre le virus Ebola. Freetown, le 19 septembre 2014. REUTERS/Umaru Fofan

Les débuts de cette campagne ont été très difficiles, selon Steven Gaoja, le directeur du Centre national d'opération d'urgence contre Ebola qui a évoqué des problèmes de « logistique » sur le terrain et un « énorme nombre d'appels » au centre qui a du mal à faire face. Mais ces problèmes ont été progressivement « réglés » et la journée a été un « succès », selon lui. Les habitants rapportent quant à eux les difficultés que comportent ces mesures, surtout dans les zones rurales.

Dominique Brymar est l'un des représentants de la communauté du district de Kenema, dans la province orientale. Il participe aux opérations de sensibilisation de la population sierra-léonaise et a entendu partout les mêmes difficultés, encore plus rudes en milieu rural : « C'est très, très difficile. Je me suis rendu dans un de ces villages où les gens se sont plaints parce qu'ils n’ont pas de nourriture, ils n'ont rien pour se nourrir pendant ces trois jours? Nous-mêmes, on nous a promis de l'aide, notamment du Programme alimentaire mondial de l'ONU, mais cela n'arrivera que lundi ».

« L'opération se déroule bien »

Mais selon lui, ces sacrifices sont payants, car les missions apportent de nombreuses informations et sont bien comprises : « L'opération se déroule bien, car partout les gens acceptent de rester chez eux, ils ne sortent pas et acceptent qu’Ebola est un risque qui les touchent, et dans notre zone, autour du district de Kenema, je pense que la maladie recule. Dans chaque maison où nous nous rendons, nous informons : s'il y a un cas suspect, il faut l'emmener directement à l'hôpital. Ainsi, je pense que de cette façon le virus pourra être contenu ».

A Freetown, les habitants se sont plaints également du manque de nourriture, et les ONGHuman Rights Watch  et Action contre la faim  ont dénoncé le manque de préparation et de sérieux des campagnes de sensibilisation, mais la population sierra-léonaise a répondu présente et pour l'instant, elle a respecté les consignes, reconnaissant l'importance de la mobilisation générale contre l'épidémie.

En Guinée aussi, l'ONG Médecins sans frontières fait du porte à porte pour informer

Médecins sans frontières (MSF) participe à une opération de sensibilisation en Guinée forestière, à Guékédou, et note le succès, là aussi, des campagnes d'informations auprès de la population.

Quand nous venons, les habitants des quartiers nous accueillent, ils ont compris que [les produits désinfectants vaporisés dans les maisons des malades], ce n’est pas du poison, que c’est une mesure de sécurité


Rfi.fr

Dimanche 21 Septembre 2014 - 08:56



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