Ebola: personne n'est à l'abri nulle part

Ebola: personne n'est à l'abri nulle part



Ebola: personne n'est à l'abri nulle part
Depuis son apparition en Guinée en janvier dernier, l’épidémie d’Ebola ne cesse de se répandre dans la sous-région, et chaque jour apporte son lot de nouveaux cas et de nouveaux drames.
Ainsi, le 29 juillet, le responsable du centre médical de traitement contre la fièvre Ebola dans la région de Kenema, dans l’est de la Sierra Leone, a succombé à la maladie. Sheik Umar Khan, ainsi s’appelait-il, vu le rôle prépondérant qu’il a joué dans cette croisade anti-Ebola, est considéré par les autorités de son pays comme un héros national. Il a payé de sa vie, tel un soldat au front, son engagement total pour sa patrie.

Le tournant

Avec cette disparition, l’on peut dire que cette maladie a atteint un tournant, en ce sens que personne n’est à l’abri, pas même le personnel soignant. Ce d’autant plus qu’au Liberia, il est signalé deux autres cas de personnels soignants qui auraient été infectés, un Américain de l’organisation Samaritan’s Purse, et une de ses compatriotes travaillant à l’hôpital de Monrovia.
A ce rythme, malgré le serment d’Hippocrate, bien des ardeurs de médecins risquent de s’émousser sur le terrain, au regard des risques encourus, si l’instinct de conservation n’amène pas certains spécialistes à préférer la lutte à distance, confortablement installés dans des laboratoires. Ce qui laisserait le champ libre à Ebola.
C’est donc le lieu de saluer l’engagement, l’abnégation et le sens du sacrifice de toutes ces personnes qui ne reculent pas devant le danger, pour porter l’aide et l’assistance nécessaires là où il le faut. Car leur combat est un combat pour l’humanité. Surtout face à cette maladie qui, plus que la lèpre, plus que le sida, plus que la guerre, a réussi à semer la psychose dans les esprits, et est en passe de mettre à mal l’intégration et l’amitié entre les peuples, avec la fermeture de certaines frontières comme c’est le cas au Liberia et au Sénégal.

Méfiance généralisée

Au-delà de son efficacité douteuse, une telle mesure risque de détruire les rapports entre humains, avec l’installation d’une certaine méfiance vis-à-vis des personnes venant de certaines régions, et de produits venant de certains pays. Inutile de préciser que dans ces conditions, même l’économie des pays risque de prendre un sacré coup. Déjà, en raison du cas de décès d’un voyageur libérien, enregistré au Nigeria, la compagnie panafricaine Asky a annoncé la suspension de ses liaisons avec Freetown et Monrovia et ne s’approvisionne plus en nourriture à Conakry. Une autre compagnie aérienne nigériane, Arik, a suspendu ses vols à destination du Liberia et de la Sierra Leone, jusqu’à nouvel ordre.
Pendant ce temps, certains pays se contentent de clamer qu’il n’y a pas de cas déclaré chez eux, oubliant que les populations vont d’un point du globe à un autre, sans que l’on ne puisse savoir qui est porteur du virus, surtout quand la maladie n’est pas encore déclarée.

Accélérer la recherche

Or, tant qu’il y aura des déplacements de personnes, la menace sera réelle. Accélérer la recherche semble le défi majeur. En cela, il faut espérer que la réunion d’urgence qu’envisagent l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), permettra de jeter les jalons d’une riposte énergique face à la propagation de cette maladie. Il faut surtout espérer que les grandes puissances, qui ont plus de moyens techniques et financiers, s’investiront davantage dans la lutte, car la menace est devenue planétaire.

Slateafrique

Vendredi 1 Août 2014 - 16:22



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter