Ebola: réouverture des frontières entre les Guinées Bissau et Conakry

La Guinée-Bissau a décidé de rouvrir ses frontières avec la Guinée, avec laquelle elle partage plus de 300 km de frontière, le 9 décembre. La Guinée est l'un des trois pays les plus durement touchés par l'épidémie de virus Ebola. L'annonce a été faite hier jeudi par le ministre porte-parole du gouvernement Baciro, au sortir du Conseil des ministres.



Ebola: réouverture des frontières entre les Guinées Bissau et Conakry

Les autorités bissau-guinéennes se sont donné cinq jours pour mettre en place tout un dispositif de contrôle le long de la frontière avec la Guinée. « Les rapports techniques disent que nous avons encore besoin de cinq jours pour renforcer nos structures de santé dans cette zone, explique Domingos Simoes Pereira, le Premier ministre bissau-guinéen, mais nous allons tout de même respecter les décisions du sommet des chefs d’Etat de la Cédéao. »

La Guinée Bissau et la Guinée Conakry partagent plus de 300 km de frontières communes, une frontière par laquelle transitent des centaines de tonnes de marchandises, des denrées de première nécessité dont les prix ont très vite augmenté sur le marché. «Tous les prix ont grimpé, raconte Quinta Gomez, vendeuse au marché de Bandim, le plus grand marché de la capitale. Il n'y a pas un seul produit sur le marché, dont le prix n'a pas augmenté. Tout est cher maintenant. »

Un « ouf » de soulagement donc pour beaucoup de Guinéens, séparés de leur famille depuis la fermeture de la frontière en août dernier. Abou Bacar Sidibé, transporteur, ne cache pas sa satisfaction. Ses camions sont encore bloqués à la frontière. « On a une forme de joie qu’on ne peut pas manifester actuellement. Nous attendons juste le jour (de réouverture), on va alors manifester le reste de notre joie. »


■ A Conakry, mouvement de colère contre l’ouverture d’un centre de traitement

En Guinée, des dizaines de jeunes d'un quartier de la banlieue de Conakry ont empêché ce jeudi le début de la construction d'un centre de traitement Ebola, saccageant le dispositif mis en place pour la cérémonie. Le Premier ministre guinéen Mohamed Saïd Fofana devait poser la première pierre de ce centre anti-Ebola financé par Médecins sans Frontières (MSF) à Yimbaya, un quartier populaire de la banlieue de la capitale, en présence des ambassadeurs de France et des Etats-Unis et du gouverneur de Conakry.

Sur place, Gabriel Casini, chargé de la communication de MSF, assisté à toute la scène : « On avait organisé cette réunion publique pour expliquer à la population du quartier la nécessité d’avoir un nouveau centre de traitement Ebola. On a vu que la population n’est pas contente de voir un centre de traitement Ebola dans leur quartier. Et nous sommes partis quelques minutes après que la foule a commencé à se montrer plus agressive. Ils ont peur que l’on amène Ebola dans les quartiers. Evidemment cela montre qu’il y a un manque de compréhension parce que, dans nos centres de traitement MSF, on a mis en place tous les protocoles les plus stricts pour la protection du personnel, des patients et de la population locale ».


Rfi

Vendredi 5 Décembre 2014 - 11:08



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