Education nationale: les socialistes français face à leur première rentrée des classes

850 000 professeurs font leur rentrée en France pour un peu plus de 12 millions d'élèves. « L'Education nationale est une priorité », c'était un slogan fort de la campagne de François Hollande. Le président s'est engagé à créer 60 000 postes durant son quinquennat. Alors, le changement est-il en marche dans l’Education nationale ?



Education nationale: les socialistes français face à leur première rentrée des classes
La rentrée 2012 a été préparée par le gouvernement précédent. Elle reste donc marquée par 13 000 suppressions de postes décidées dans le primaire et le secondaire, portant à près de 80 000 les coupes depuis 2007.

Des mesures d'urgence

Pour soulager les situations les plus problématiques, Vincent Peillon a obtenu la création de 1 000 postes dans le primaire dès septembre. La preuve que le primaire, où se nouent les difficultés scolaires et où se creusent les inégalités, sera désormais la priorité.
« Ces mille postes vont servir à rouvrir 557 classes et vont pallier aux situations les plus tendues. C’est donc une bouffée d’air et un signe fort du gouvernement même si cela n’est pas suffisant », souligne Sébastien Sihr, secrétaire général du Snuipp, principal syndicat du primaire.
Inévitablement, certaines écoles se sont senties lésées, car « elles n'ont rien eu », l’essentiel étant allé aux zones rurales ou aux zones d'éducation prioritaire.

Des enseignants mieux formés

Un autre geste a été fait pour remédier à l'une des mesures les plus décriées du précédent quinquennat : la réforme de la formation des enseignants. Les professeurs débutants se retrouvaient devant les élèves sans aucune formation pédagogique.
Emilie, professeure de français, faisait sa première rentrée en septembre dernier. Elle avait par ailleurs travaillé dans un supermarché et ose la comparaison : « J’ai bénéficié d’une demi-journée de formation à la pédagogie pour être professeure de français, et j’ai eu quatre jours de formation pour être caissière, c’est effrayant ».

Abrogation de l'évaluation des professeurs

Cette année, les professeurs débutants, qui viennent de réussir leur concours, auront donc trois heures de décharge par semaine afin de compléter leur formation.
Mais pour Frédérique Rollet, secrétaire général du principal syndicat du secondaire, c'est insuffisant. « Les enseignants doivent retrouver les stages de formation en alternance avec un apprentissage devant la classe. »
Une autre mesure, la plus symbolique à destination des enseignants, a été l’abrogation du décret réformant l’évaluation des professeurs, qui aurait donné tout pouvoir aux chefs d’établissement dans leur notation.

Crise du recrutement

Dès janvier, 6 000 étudiants boursiers en deuxième année de licence, tentés par l’enseignement mais reculant devant les cinq ans d’études à financer, signeront des contrats d’avenir.
Ils s’engageront à passer les concours de l’enseignement, auront des missions de douze heures hebdomadaires dans les écoles et toucheront au total 900 euros par mois, bourse comprise. « Il n’y a pas de crise des vocations », a assuré le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon.

Refondation de l’école

Une grande concertation sur la refondation de l'école a été lancée avant l'été avec les associations de parents d'élèves, les élus locaux, les représentants du monde économique et associatif.
Elle va déboucher sur une loi d’orientation et de programmation débattue à l’automne et votée début 2013 - les syndicats attendent beaucoup de cette concertation, même si elle peut générer des tensions sur les rythmes scolaires. Ils saluent le retour à un dialogue social mais restent prudents.


RFI


Lundi 3 Septembre 2012 - 15:37



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