Egypte : arrestation du guide suprême des Frères musulmans

En Egypte la police a arrêté le guide suprême de la confrérie des Frères musulmans, Mohammed Badie, dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 août 2013. Une information annoncée par la télévision d’Etat égyptienne et confirmée par le ministère de l’Intérieur. Cette arrestation porte un nouveau coup aux Frères musulmans, dont le mouvement montrait encore des signes d’essoufflement ce lundi.



Egypte : arrestation du guide suprême des Frères musulmans

La télévision a passé une courte vidéo de Mohammed Badie où il apparaît indemne et en bonne santé. Selon les informations du ministère de l’Intérieur, le guide suprême de la confrérie a été arrêté dans un appartement aux alentours de la place Rabaa al- Adawiya. La place même où la police a dispersé le grand sit-in des Frères musulmans mercredi.

L’arrestation du chef de la confrérie, ainsi que d’autres hauts responsables des Frères musulmans, était une des priorités lors de l’assaut. Mohammed Badie fait l’objet de plusieurs mandats d’arrêt. Il doit notamment répondre à l’accusation d’incitation au meurtre et à la violence.

L’arrestation du guide suprême porte un coup très dur aux Frères musulmans dont la plupart des chefs sont en prison. Khayrat el Chater, le numéro deux et éminence grise de la confrérie, ainsi que Saad al Katatni, le président du Parti  liberté et justice des Frères musulmans, sont déjà incarcérés dans la prison de haute sécurité de Tora. La même prison où est détenu l’ex-président Hosni Moubarak.

 

LES ISLAMISTES DE MOINS EN MOINS NOMBREUX DANS LES RUES DU CAIRE
Avec nos envoyés spéciaux au Caire, Sami Boukhelifa et Manu Pochez
Ils sont à peine une trentaine. Ils se sont retrouvés à la fin de la prière de l’après-midi et ont formé deux groupes au pied de leur mosquée. D’un côté des hommes, de l’autre des femmes voilées de la tête aux pieds. L’une d’elles accepte de s’exprimer. Seuls ses yeux sont visibles. Ils laissent transparaître un sentiment d’inquiétude.
« Malheureusement, la répression dissuade les gens de manifester, se désole-t-elle. Vous avez vu vendredi dernier, nous étions nombreux. Nous allons poursuivre notre mobilisation jusqu’au retour du président Morsi. »
Cette jeune femme et ses compagnons finissent par prendre leur courage à deux mains et décident d’entamer une marche. Ils sont bloqués net par une contre-mobilisation d’un comité populaire d'anti-Morsi.
« Regardez, ils sont dix ou quinze tout au plus, pointent ces derniers. Ils sont vraiment une minorité. Nous allons faire en sorte qu’ils quittent les lieux. Nous allons le faire respectueusement. Nous soutenons le général al-Sissi et l’armée. »
Même si ces anti-Frères musulmans disent soutenir l’armée avec à sa tête le général Abdelfatah al-Sissi, ils n’appliquent en rien ses instructions. Cette semaine, il a pourtant demandé aux comités populaires de ne plus intervenir contre les islamistes.


RFI

Mardi 20 Août 2013 - 13:20



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