Egypte: attentat-suicide à la veille de l’anniversaire de la révolution

Le quartier général de la police au Caire a été la cible d’un attentat à la voiture piégée, ce vendredi à l’aube. Au moins quatre persones ont été tuées et 51 autres blessées. Cet attentat survient alors que l’Egypte célèbre ce samedi le troisième anniversaire de la révolte qui a renversé Hosni Moubarak.



Egypte: attentat-suicide à la veille de l’anniversaire de la révolution

Selon les témoins, une camionnette conduite par un kamikaze a tenté de forcer l’entrée de l’enceinte du quartier général de la police au Caire, vers 6 h 30, ce vendredi matin. Les gardes lui ont tiré dessus, mais le kamikaze est parvenu à faire exploser le véhicule. Selon un bilan provisoire dressé par le ministère de la Santé et celui du ministère de l’Intérieur, quatre personnes ont été tuées et 51 autres blessées.
 

Un bilan relativement réduit - alors que les experts estiment que la charge explosive aurait été de plusieurs centaines de kilos et que le musée islamique et et les archives nationales voisines, situés en face du quartier général de la police, ont été touchés - qui s’explique par le fait que l’attentat a été commis un vendredi, jour du Seigneur en pays d'islam. Il n’y avait donc pas beaucoup de monde dans le quartier visé. Ce sont surtout les gardiens du quartier général de la police, mais aussi ceux du musée islamique, qui ont été atteints.
 

Un appel au soulèvement des Frères musulmans

L’attentat est le troisième contre un quartier général de la police en moins de deux mois. Celui de Mansoura dans le Delta avait fait 17 morts. Il intervient à la veille de la troisième commémoration de la révolution du 25 janvier. Mais aussi au lendemain d’un appel de l’« Alliance pour la légitimité », dominée par les Frères musulmans, à un soulèvement contre ce qu’ils appellent les « putschistes ». Avec cet appel à 19 journées d’actions pour « mettre fin au coup d’Etat militaire responsable de crimes horribles et honteux », les Frères musulmans veulent rééditer le soulèvement qui a abouti au désistement du pouvoir de l’ex-président Hosni Moubarak, le 11 février 2011.
 

La confrérie fragilisée

Mais la confrérie, entre répression et impopularité croissantes, a perdu une grande partie du soutien de la rue. Les alliés salafistes des Frères musulmans, arrivés en deuxième position aux élections législatives, se sont retournés contre la Confrérie. Quant aux révolutionnaires radicaux, ils ont pris leurs distances, même s’ils sont en conflit avec le pouvoir.

 

Un pouvoir pour lequel l’appel des Frères musulmans au soulèvement est pain béni. Il sert d’argument pour justifier la campagne de répression contre ceux qu’il qualifie de « Frères terroristes ». C’est ainsi que le ministre de l’Intérieur a annoncé que « des armes lourdes » avaient été placées sur tous les postes de police, prisons et édifices sensibles. L’appel apporte aussi de l’eau au moulin de l’écrasante majorité des médias qui cassent du Frère musulman 24 heures par jour, sept jours par semaine.


RFI

Vendredi 24 Janvier 2014 - 09:16



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