Egypte: l'impact de la sortie de Moubarack

Ils devraient à nouveau être très nombreux, ce vendredi 23 août, à descendre dans les rues d'Egypte, et principalement au Caire : les partisans de l'ex-président Mohamed Morsi appellent à de grandes manifestations contre le pouvoir militaire pour ce « vendredi des martyrs ». Et ce alors qu'en une semaine, un millier de personnes ont péri dans les affrontements entre forces de l'ordre et islamistes. La libération hier de l'ex-chef d’Etat Hosni Moubarak pourrait-elle accroître la mobilisation des manifestants islamistes aujourd'hui ?



Egypte: l'impact de la sortie de Moubarack

Rien qu’au Caire, 28 marches sont prévues après la grande prière de midi. La plupart d’entre elles doivent se dérouler à Guizeh au sud du Caire. Des marches sont aussi prévues à Suez, en Moyenne-Egypte, dans plusieurs provinces du Delta et à Alexandrie. Le grand défi auquel font face les Frères musulmans est de réussir à démontrer qu’ils sont toujours capables de mobiliser malgré la décapitation de la confrérie dont la plupart des hauts responsables ont été arrêtés.

L’arrestation de Mohammed Badie, le Guide suprême  - qui a rejoint dans les geôles du pouvoir le numéro deux Khayrat al-Chater et le président du Parti de la liberté et de la justice Saad al-Katatni - a porté un rude coup à la confrérie, et ce même si celle-ci s’est trouvée un nouveau leader par intérim.

Un coup d’autant plus rude que les manifestations des Frères avaient nettement faibli au cours des derniers jours. Depuis une semaine, près d’un millier de personnes, essentiellement des membres ou sympathisants de la confrérie ont péri sous les coups ou les balles des forces de sécurité.

L'impact de la sortie de Moubarak

Mais les Frères pourront peut-être trouver dans la libération, hier, de l'ancien raïs Hosni Moubarak, un argument supplémentaire pour convaincre leurs partisans d'investir la rue. Seulement jusqu’à présent, la sortie de prison de l'ancien président a mobilisé plus de partisans à sa libération que d’opposants. En face de l’établissement pénitentiaire de Tora où il était détenu, une petite foule s’est même rassemblée, hier, en signe de soutien.
 

En tout cas, cette libération a motivé les jeunes du Mouvement du 6-Avril, l’un des mouvements à l’origine de la révolution du 25 janvier 2011 qui a justement conduit à la chute de l’ancien raïs, qui ont appelé à organiser des manifestations place Tahrir après la grande prière ce vendredi, des manifestations pacifiques dans un lieu symbolique. Leur objectif : rappeler aux Egyptiens que ce vieil homme, aujourd’hui sur une civière, était un dictateur qui a gouverné l’Egypte d’une main de fer durant trente ans.

Seulement voilà, cette annonce est intervenue avant celle des Frères musulmans. Et lorsque les islamistes ont fait part de leur intention de se joindre au mouvement de contestation anti-Moubarak, ces révolutionnaires ont tout simplement annulé leur rassemblement. Ils affirment avoir autant de haine pour la confrérie que pour Moubarak.

En résidence surveillée
 

De son côté, Hosni Moubarak a passé sa première nuit en résidence surveillée  à l’hôpital militaire de Méadi, au sud du Caire. Dimanche il doit comparaître dans le procès où il est accusé de responsabilité politique dans le meurtre de centaines de manifestants lors du soulèvement de janvier 2011. Il est aussi accusé de corruption pour avoir vendu du gaz à Israël à des prix en dessous de ceux du marché. Les autres coaccusés sont l’ancien ministre de l’Intérieur, le général Habib al-Adli, et six hauts gradés de la police ainsi que les deux fils Moubarak, Gamal et Alaa. La grande différence lors de cette séance est que Hosni Moubarak comparaîtra comme un homme libre.

Rappelons que Hosni Moubarak avait été reconnu coupable pour sa responsabilité dans le meurtre de manifestants et avait été condamné en première instance à 25 années de prison. Un jugement de la cour d’assises qui avait été cassé en appel en avril. Moubarak est aussi accusé dans trois autres affaires de corruption pour lesquelles il a obtenu la liberté conditionnelle conformément à une loi adoptée du temps des Frères musulmans. Une loi qui pardonnait aux hommes d’affaires corrompus en contrepartie de la restitution des biens détournés à l’Etat.



Vendredi 23 Août 2013 - 10:42



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